1061, TEMPLE DE MIANCHI [SU DONG-PO]

 

Archétype de la poésie chinoise classique telle qu’on la rêve. Su Dong-po, poète, peintre, calligraphe, fut un de ses plus grands rêveurs. Avec elle, avec lui, cheminer, en deça — et non hors — de toute actualité. Taoïstement.

La vie humaine, jusqu’où va-t-elle ? à quoi ressemble-t-elle ?
Elle doit sembler un cygne qui vole, se pose sur la neige ou la fange
Sur la fange, il arrive qu’il laisse vestiges de ses griffes
Le cygne s’envole, savoir où ? est ? ou ouest ?

 

Chen Zong | Chaoyan ge

 

Le vieux moine est déjà mort, devenu neuve pagode
Le mur s’effondre, plus moyen de voir les anciennes inscriptions
La journée de voyage : des hauts et des bas, t’en souviens-tu ?
La route est longue, les gens las, les ânes trébuchent et braient

Su Dong-po / Su Shi (1037-1101)
Traduit par Maurice Coyaud
Anthologie bilingue de la poésie classique chinoise
Les Belles Lettres, Paris, 1999

Chen Zong interprète Chaoyuan ge [Chant de la cour] à la flûte traversière accompagnée par le cymbalum et l’orgue à bouche. François Picard nous dit que ‘le titre, ambigu comme la plupart des appellations traditionnelles d’airs instrumentaux, pourrait aussi faire référence à l’immortel taoïste Chaoyuan, cité dans un poème de Bo Juyi.’ Enregistrement Radio France, novembre 1995,  Chen Zong. Musiques de Shanghai. Ocora Radio France.

1 réflexion au sujet de “1061, TEMPLE DE MIANCHI [SU DONG-PO]”

  1. Par un effet d’association, la lecture du poème de Su Dong- po a rappelé à ma mémoire ces vers d’Apollinaire :

    “Près d’un château sans châtelaine
    La barque aux barcarols chantants
    Sur un lac blanc et sous l’haleine
    Des vents qui tremblent au [printemps]
    Voguait cygne mourant sirène.

    Un jour le roi dans l’eau d’argent
    Se noya puis la bouche ouverte
    Il s’en revint en surnageant
    Sur la rive dormir inerte
    Face tournée au ciel changeant.”

    Deux postures, deux destins : Louis II de Bavière qui se voulait tout-puissant est livré dans la mort aux forces chtoniennes ; le moine taoïste évoqué par le poète dessine sur sa barque céleste un sillon d’éternité.
    Et pourtant, post mortem, c’est le ciel que Louis de Bavière « regarde ».

    Oui, “la vie humaine jusqu’où va-t-elle”?
    La flûte traversière accompagne on ne peut mieux la “traversant”, cette question.

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