AU BOIS DE BOULONGNE

Au bois de Boulongne
Comme on disait d’antan
On en lorgne des vertes et des trop mûres
Qui dit-on en ont tant
Tandis que moi je m’achemine
Assurément à petits pas
Cueilletant* la mûre mûre
Vers les verts étangs**
Où l’on en trouve tant
Vraiment des fiers… z’appâts

 

Ces malheureux vers verts, véreux, bancaux, tordus et incertains sont dédiés à tous les bels, belles, pécheurs et pécheresses, pêcheurs et pêcheuses que connaît et qu’a connu le vieux bois de Boulogne, jadis complanté de chênes verts par le très vert Henri IV…, ainsi qu’à ses promeneurs, dont je suis, et surtout, sans dérision, aux trente-cinq résistants parisiens assassinés là, le 16 août 1944 — trois jours avant l’insurrection libératrice — au pied des chênes encore verts, dont les troncs portent toujours la marque des balles qui les abattirent, et de la mémoire que nous leur devons.

* Néologisme assurément mais tout autant enfant naturel et légitime de ‘cueillir’, car tout autant encore, et aussi assurément, de la mûre mûre on ne connaît que la ‘cueillette’.

** Ne pas confondre les étangs du bois, viviers et enfants naturels et légitimes de la Seine, situés à proximité de l’hippodrome de Longchamp et du fleuve, avec les deux ‘lacs’ (supérieur et inférieur) artificiels, eux, creusés, selon un habile procédé hydraulique, à l’époque de Napoléon III entre la porte de la Muette et l’hippodrome de Neuilly.

Photo : v.l., Bois de Boulogne, barques sur le lac inférieur, 13/06/10.
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