AUX FIGURES DE ‘CAMINANTE’ [TAREK ESSAKER]

À la suite de la publication du précédent texte, Caminante no hay camino,  Tarek Essaker, par l’intermédiaire de sa page de Facebook, m’a fait l’amitié de venir ‘en résonance’, l’appuyer de son écriture. Je reprends donc ici l’ensemble de ses commentaires. S’agissant de l’auteur des Cheminants, sur lesquels je reviendrai, et d’une démarche d’écriture qui [s’in]sinue dans les interstices de tels petits papiers, comme il aime à en rédiger ; le propos mérite qu’on y chemine à son tour…

Merci pour le chemin, l’ami et pour Machado ! En retour

Aux prunes de l’étonnement

la sable taquine le vent
avant de rejoindre la mer

tant qu’on y est !

Quelques herbes et encore nous
à raconter les murs
en quelques coins de l’histoire…
C’est pourquoi face à la mer
nous partons sans bruit
au large sans grandes heures
sans les papillons parmi nos silences…
comme présence
comme à l’étroit… alentour des corps étranges

… un amandier en fleur…

… un amandier en fleur…, une histoire où nous ne savons rien sur la mort…, c’est presque une lumière sans regret en attendant le mieux que nous puissions faire… dans le secret de rendre à la vie sa tâche légère…, c’est presque ne rien prendre, ne rien dire, parce que nous aurons déjà tout donné… Voici, il y a bien longtemps, au fil des rencontres, que les silences tiennent et trouvent refuge au clair visage du sable… fin et ramassé comme un salamandre au soleil… et nous ne savons toujours rien sur la…

… une terre humide…

… Une terre humide où la mer s’est retirée au loin comme pour faire place à nos désirs les plus lourds…, une histoire où nous ne savons rien sur les terres fermes…, c’est presqu’une joie indicible en attendant le mieux que nos hôtes puissent faire, dans l’idée de réparer l’histoire…, nous avons appris à aimer la nuit et la douleur, quelque chose comme le monde et son mystère… Au détour d’une pensée, à regarder les mouettes nourrir leurs petits, vient nous tarauder une idée de la mort, viennent sans dire, sans prévenir, les mots venus les uns au bout des autres, se racontent un silence, une distance, et nous, qui, jamais, n’avons eu à parler… Nous vivions d’humbles connivences, de simples obéissances aux bords des distances… À la forme de la lune, cette ronde qui, à chaque fois, est la même, plus semblable, plus étrange… Après le sommeil, comme dans un jardin clos au secret et tenace, lentement l’eau monte… Ne rien dire, sans peur… Nous connaissons la mort… Pas d’anges pour sauver nos secrets… La résonance, ainsi que la terreur…, cette façon exacte d’approcher ce qui est à saisir…, mais pour cette fois, nous ne savions rien sur la terre ni sur la mer…

… la distance…

… la distance nous guérit de nous-mêmes, à croire encore possible une vie plus humaine…, l’audace écarlate, être au bord, ailleurs, en cavale…, voilà ma pensée portée au vif du danger, portée par les vertèbres de la douleur, en galops dans le brusque. Dite par la bouche du vertige, dans la soudaineté du vent, de la peur et la faim…  À l’heure du sable…, quand les vagues s’enroulent comme pour prévenir la discrétion de l’aube, ma pensée craquèle vers le blanc du néant…, pensée légère et lourde à la fois… offre ainsi à la poussière ses travers lisses pour fraterniser avec la transe et l’absence… pour que juste une histoire s’esquisse et demeure précaire… Paysage invraisemblable, chose invisible qui rend la distance infini, comme proche, loin d’être cruelle…, à la fois comble, frémit et passe vers on ne sait quelles lignes d’horizon…, si légère, si souveraine…

À Vincent, aux figures de Caminante.

… et pour en terminer là [provisoirement]

Il faut parcourir le chemin de quelques façon que ce soit
Tu seras dans la couche du blé
La terre errait dans le noir de la terre
Tu douteras
Tu seras dans la mer
La falaise est l’enfance de l’eau
L’eau médite
Pour chaque vague un sommeil
Aux rosiers de ton regard
Petit poème pour le chemin fou et dansant
qui ne cesse de nous relancer et nous figurer comme une nuit
À la mesure de la nuit

 

Tarek Essaker

N.B. : Ce texte compile les commentaires rédigés à la suite du billet caminante no hay camino, en date du 14 juillet 2009, publié dans le-blog-a-vincent

On lira par ailleurs dans ces mêmes pages du même : Le temps d’une danse / Un /

Laisser un commentaire

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.