BÉNI SOIT LE CHARDON, BÉNI SOIT L’ADJECTIF !


Puisque nous voici, depuis quelque temps, du côté de chez Diderot, profitons de l’intérêt que cultive son Encyclopédie pour les adjectifs et, par voie de conséquence, de la guérison – toute rêveuse – que nous apporte la litanie de vertus médicinales dont ils nous couvrent.

Le soufre doré est donc emménagogue, hépatique, mésentérique, béchique, fébrifuge, céphalique, diaphorétique et alexipharmaque” (Art. Antimoine).

L’eau-de-vie de Genièvre est, elle, “sudorifique, cordiale, hystérique, stomachique, carminaline, apéritive, béchique” ; quant à la seule racine de chardon-bénit, elle est “vomitive, purgative, diurétique, sudorifique, expectorante, emménagogue, alexitère, cordiale, stomachique, hépatique, anti-apoplectique, anti-épileptique, anti-pleurétique, fébrifuge, vermifuge, vulnéraire et aphrodisiaque”. Heureux chardon-bénit aux 17 propriétés pharmaceutiques ; le fumeterre n’en possède que 7, l’huile d’amandes douces, 9, le citron, 8, la bétoine, 7, le camphre, 8…

Recension réalisée avec l’aimable complicité de Gaston Bachelard, La formation de l’esprit scientifique.

 

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