BLANDINE L’ENCHANTERESSE [BLANDINE VERLET]

Circé l’Enchanteresse, déesse des métamorphoses, recompose l’univers
Et l’entraîne dans une perpétuelle mutation.
Elle manipule l’humain
L’animal
Le végétal.
Elle masque, démasque, travestit.
Elle nous perd dans les labyrinthes de ses sortilèges
Toujours en fuite d’eux-mêmes.

La musique est au temps ce que Circé est aux apparences.
Elle le met en désordre.
Et malgré son ordre rigoureux, le déstabilise.
Elle piège le sablier
Lui fait perdre la boussole.

Circé devint ma déesse
Et la musique mon Nord.
Direction fixée pour un espace libre
Un Nord à conquérir.

Espace constitué de couches de temps
Léger en apparence
Ailé
Libre
Mobile et accueillant.

De son doigt tendu, l’Ange-boussole indiquait le Nord
Il souriait
L’air réservé et sage de quelque vieux talmudiste.
La discrétion et la jeunesse de son sourire encourageait.

À partir du Nord, je déduirais des points cardinaux viables
De possibles points d’ancrage en cas de mer méchante
En cas d’émiettement de tout
De perte de soi.

 

… et il faut continuer, dans cette lancée, à lire ‘L’Offrande musicale’, magnifique poème à la musique, à la création, à l’interprétation, au clavecin – qui est sa musique – de Blandine Verlet. Exceptionnelle musicienne, exceptionnelle claveciniste, elle est ici exceptionnelle poète. 175 pages de sensibilité, d’intelligence, de vivacité et de bien-être d’être. Qu’elle nous dise Couperin, Bach ou Beethoven, tout est juste, tout est vrai, tout est pénétration de sens plein.

Il faut remercier Blandine Verlet pour ce petit livre précieux – et, également, le précieux échantillon de sa musique qu’elle nous offre dans le CD qui l’accompagne.

François Couperin | Prélude à l’art de toucher le clavecin | Blandine Verlet | clavecin | 0:34

 

4 réflexions au sujet de “BLANDINE L’ENCHANTERESSE [BLANDINE VERLET]”

  1. Il s’agit de “boussoles perdues”, bien sûr !
    Sans soute n’est-ce pas pour rien que l’ortho-graphie en a perdu le nord.
    Et, comme un écho, les caractères que je dois reproduire pour enregistrer ce commentaire sont”perta” !!!

  2. … ou beaucoup plus large, multiplier les points cardinaux pour donner sur des lignes… sur des horizons… sur des tresses… sur des meutes de reliefs… des niches de géométrie… des marges tissées à l’archipel des errances nidifiées… pour qu’on puisse répandre les fêlures… les failles… le berceau des herbes qui pavanent… en friche… sur quoi nos pas… ‒ dehors comme dedans ‒… se font à la fois plus hésitants… plus apaisés… tout juste plus loin… tant tracé… tant chair… Jusqu’à faire nôtre le vide qui gît sous les paupières des brûlantes questions… d’où nous sommes venus et nous retournons… Vois. Comment se peut-il que nos pas lents se mêlent aux toiles… étoiles et nous déposent au plus haut des margelles des dérives… Tarek Essaker…

    En tresse… ou… en écho… après la lecture du texte de Blandine Verlet et le commentaire de Noëlle Combet.

  3. Oui, “beaucoup plus large”, le miroitement des orients multiples, énigmatiques questionneurs “d’où nos sommes venus et nous retournons”. Plus et encore plus de points cardinaux” nous ordonnant à nous dérouter, nous acheminant à nous dé-cheminer…Fabuleux orients de nos désorientations qui nous offrent le risque, et la chance et la joie de défaire nos plis.

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