CANULARS ÉLECTORAUX

Les « promesses » de certains candidats aux élections me paraissent tellement irréalistes, que je pense aux canulars parfois savoureux d’anciens candidats à divers mandats.

En 1889, Rodolphe Salis, propriétaire du célèbre cabaret parisien Le Chat Noir se présentait aux élections législatives dans l’arrondissement de Pigalle, son programme tenait en deux revendications…

 

  1. Séparation de Montmartre et de l’État.
  2. Extinction du paupérisme après 9 heures du soir.

Quatre ans plus tard, Alphonse Allais, le plus célèbre pensionnaire du Chat Noir  présentait dans le 9e arrondissement, la candidature de son ami Albert Caperon (Captain Cap) dont il avait lui-même rédigé le programme…

 

  1. La place Pigalle, port de mer.
  2. Rétablissement de la débauche dans les rues pour favoriser la repopulation.
  3. Suppression a) de l’impôt sur les bicyclettes, b) de l’École des Beaux-Arts, c) de la bureaucratie.
  4. Aplanissement de la Butte Montmartre. (N.B. : Au cas où cette mesure serait trop coûteuse, il suffirait de surélever les autres quartiers de Paris jusqu’au niveau de la Butte.)

 

Mais le plus pittoresque est certainement Ferdinand Lop, dont les slogans étaient : « Tous pour le Front Lopulaire ! » et « Au char de l’État, il faut la roue d’un Lop ». Sa profession de foi tenait en deux points…

 

  1. Prolongation de la rade de Brest juqu’à Montmartre et extension du Boulevard Saint-Michel dans les deux sens jusqu’à la mer.
  2. Coupure de l’eau dans les immeubles à partir de 21 heures, afin de lutter contre la dénatalité.

 

Ferdinand Lop s’est présenté plusieurs fois sous la Quatrième République, avec des programmes aussi excentriques que…

 

  • L’installation d’un toboggan place de la Sorbonne pour le délassement des troupes estudiantines.
  • L’installation de Paris à la campagne pour que les habitants profitent de l’air pur.
  • La nationalisation des maisons closes pour que les filles puissent avoir les avantages de la fonction publique.
  • L’octroi d’une pension à la femme du soldat inconnu.

 

Ses réunions électorales avaient lieu dans une salle baptisée la « Salle Lop ». Ses partisans étaient des « Lopistes » et les opposants,  du mouvement « Anti-Lop », les appelaient des « Lopettes ».

Ferdinand Lop fut dix-huit fois candidat à l’Académie française, entre 1936 et 1966.

Vous pensez, bien entendu, que des candidats disant des choses idiotes ne peuvent pas être élus, alors, méditez cette citation : « Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues ».  Adolf Hitler, Mein kampf (Mon combat). 1925.

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