DÉRAISON [ABÛ AR-RUQUA `MAQ]

1.
Je loue mes folies. Grâce à elles
Flotte à l’horizon l’étendard de ma déraison.
Je ne souhaite ni m’en délier ni la remplacer.
De délaisser sa folie, l’être serait-il pardonné ?
2.
Unanimes furent les gens : ma déraison
Est meilleure que ma vertu et ma religion,
Depuis que j’ai simulé la folie, elle
M’habille et mon délire me nourrit.

Abû ar-Ruqua`maq [ ? – 399 H.]
Le Dîwân de la poésie arabe classique
Traduction de Houria Abdelouahed et Adonis
Poésie, Gallimard, 2008.
… et ceci donc, déraisonnablement…

 

Toufic Farroukh / drab:zeen
Bilan actuel
 
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2 réflexions au sujet de “DÉRAISON [ABÛ AR-RUQUA `MAQ]”

  1. Entre autres, encore : ‘Ils ont excusé mon refus de toute loi en disant que c’était de la sottise : elle est en tout cas plus savoureuse que leur sagesse !’ de Ahmad al-Tîfâchî, et dont j’ai fait d’une certaine manière ma devise…, mais c’est une veine qui alimente longuement et largement l’ancienne poésie arabe… jusqu’à la période de consolidation de l’islam.

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  2. Alors là, je suis stupéfaite : ceci est en lien avec le texte que je publierai à la fin de la semaine, et dont un point convoque, sur le même thème, un autre poète arabe !!

    Mais je ménage le suspense !!

    Répondre

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