DES RILLETTES TOUT SIMPLEMENT [QUELQUES FAÇONS DE LES PRÉPARER]

Nulle invention ici, seulement la simple re-création de préparations éprouvées exploitant les ressources traditionnelles du terroir. Recettes d’hier pour aujourd’hui. 

Rillettes classiques (au porc)
Rillettes de campagne (au porc)
Rillettes d’Angers (au porc et à l’oie)
Rillettes du Mans (au porc)
Rillettes de Tours (au porc et à l’oie)
Rillettes parisiennes (au porc)
Rillettes de canard
Rillettes de garenne
Rillettes de lapin
Rillettes de poulet

DES RILLETTES ET DES HOMMES

Fils de charcutier, l’odeur de cuisson des rillettes participe des plus sensibles souvenirs de mon enfance.

Les rillettes, préparation domestique avant d’être artisanale, voire même industrielle, à une époque où le porc et la volaille étaient la base de l’alimentation carnée, symbolisent une économie familiale où rien ne se perd et tout se transforme. Devenues au fil du temps le fleuron d’une tradition régionale, elles peuvent légitimement aujourd’hui se revendiquer de notre patrimoine gastronomique.

Les rillettes, le meilleur des en-cas et l’élément de base de tout pique-nique, sont à déguster de préférence sur un morceau de baguette croustillante ou une tranche de pain bis, légèrement grillé et encore un peu chaud, assorties de petits cornichons croquants, préparés au vinaigre. Subtile association de l’onctueux et du craquant que rehausse un verre de vin gouleyant, de Touraine, par exemple.

Un met simple, rustique mais fin, bon marché et facile à préparer. Du gras et du maigre de porc, de volaille ou de lapin. Découper, assaisonner et cuire longuement et doucement, laisser se défaire ou détacher les fibres au pilon, à la fourchette, ou encore hacher. Couler dans des pots. Conserver au frais. C’est tout !

Les rillettes, que l’on trouve aussi bien au bistrot, en sandwich, et en hors-d’œuvre sur les meilleures tables, souffrent cependant de deux maux du siècle : les régimes dits allégés et la cuisine rapide. Mais user n’est ni mésuser, ni abuser, et de plus, bien misérable celle ou celui qui méconnaît le plaisir de s’attarder au fourneau, par un après-midi maussade, à s’imprégner de ses chaudes et suaves effluves. Jouissance de la cuisine “au nez et à l’œil”, comme on aime à la pratiquer. Un climat.

Pour moi, il en va donc des rillettes, comme il en allait des confitures pour André Gide, n’en déplaise à l’Économiste … et au Diététicien !

Et surtout qu’il n’en déplaise aux mânes de mon père, lui qui m’a transmis le goût inaltérable de ces choses-là, et à qui je dédie ces pages auxquelles il n’eût sans doute pas manqué d’ajouter son grain de sel… et de poivre !

v. l.

L’ART ET LA MANIÈRE

Les rillettes se déclinent  aussi bien à partir du porc que de la volaille et du lapin. Autant dire que c’est à la campagne, ou à défaut chez votre volailler, que vous aurez la meilleure chance de bien vous fournir. Quant à la viande de porc et à la panne, c’est bien sûr chez votre charcutier que vous les trouverez.

La préparation est simple et économique, mais il est indispensable d’assurer une cuisson très longue à feu doux, voire très doux, de préférence dans une cocotte en fonte, afin d’éviter que la viande ne sèche.

En fin de cuisson, veillez à rectifier l’assaisonnement (les choix et les quantités prescrits ici, de même que les durées de cuisson, ne sont qu’indicatifs). Vous pouvez notamment réduire d’emblée les quantités de sel ; celles indiquées ici correspondent à des nécessités de conservation ‘à l’ancienne’ qui ne sont plus vraiment d’actualité. D’autant qu’en la matière les habitudes et les goûts ont changé. Mais n’oubliez pas cependant que le sel est aussi un agent de sapidité.

Après remplissage des pots (de grès ou de verre), laissez refroidir et remonter la graisse ; si la quantité en est insuffisante pour bien couvrir les rillettes, complétez avec du saindoux fondu.

Fermez les pots comme pour des confitures et gardez-les au frais et au sec. N’oubliez pas de les sortir du réfrigérateur quelque temps avant de consommer, afin qu’elles libèrent toute leur saveur.

Préparées traditionnellement en assez grande quantité et destinées à une conservation assez longue, les rillettes trouvent ici des recettes rapportées à de plus justes proportions, mieux adaptées aux conditions actuelles. Pour davantage, multipliez les quantités, ou répétez, à satiété, ce moment de pur plaisir qu’est la préparation. À ce geste à la fois agréablement ludique et sagement éducatif, même les enfants peuvent s’associer. Utile prévention de la “malbouffe”.

Des rillettes donc, tout simplement !

RILLETTES CLASSIQUES (AU PORC)

500 g de panne fondue
750 g de maigre de porc
(poitrine ou épaule)
25 g de sel fin
5 g de poivre en poudre
5 g de quatre-épices en poudre
2 clous de girofle
1 pincée de muscade
1 feuille de laurier
1 brin de thym

  • Coupez la viande en petits morceaux.
  • Faites cuire avec la panne, à feu doux, pendant environ quatre heures, en remuant souvent afin d’éviter que le mélange ne brûle.
  • Quand la viande est cuite et bien rousse, hachez-la très finement.
  • Pilez longuement en ajoutant sel, poivre, quatre-épices, thym et laurier écrasés et pilés. Le mélange doit être très relevé.
  • Réchauffez quelques minutes.
  • Tassez dans les pots et laissez refroidir avant de réincorporer la graisse de cuisson tirée au clair (filtrée).

RILLETTES DE CAMPAGNE (AU PORC)

600 g de viande porc
600 g de panne fraîche
25 g de sel fin
5 g de poivre en poudre
5 g de quatre-épices en poudre

  • Coupez la viande et la panne en petits morceaux.
  • Laissez cuire doucement, pendant trois heures, en remuant souvent.
  • Lorsque la viande est très dorée et se défait en filaments, assaisonnez.
  • Mélangez bien.
  • Tassez dans les pots.

RILLETTES D’ANGERS (AU PORC ET À L’OIE)

350 g de viande de porc
700 g d’oie désossée
200 g de panne fraîche
25 g de sel fin
5 g de poivre en poudre
5 g de quatre-épices en poudre

  • Coupez la viande et la panne en très petits morceaux.
  • Laissez cuire à feu doux longuement.
  • Quand les morceaux commencent à se défaire et à dorer légèrement, hachez finement et assaisonnez.
  • Réchauffez quelques minutes.
  • Tassez dans les pots.
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7 réflexions au sujet de “DES RILLETTES TOUT SIMPLEMENT [QUELQUES FAÇONS DE LES PRÉPARER]”

  1. Une visiteuse ou un visiteur (je n’aime point trop les machins tels que ‘visiteu.r.se”, sensés respecter l’identité du ‘genre’) souhaitant faire connaître sa recette de rillettes (pourquoi pas !) transmet celle-ci dans la fenêtre interne de recherche… Alors,  je la transcris… et vous en jugerez :

    Des rillettes exquises, raffinées et simples à préparer. Très facile, bon marché, 10 min.

    Ingrédients (5 personnes) : 1/2 cc d’huile de noix (en option) ; 20g de ciboulette, finement hachée ; salt, à volonté ; poivre, à volonté ; 1 pincée de paprika ; 1/4 cc de piment d’Espelette ; 150 g de cream cheese (type Philadelphia) ; 1/2 cc de purée de citron confit ; 1 1/2 cs de jus de citron ; 2 cc de câpres, lavées, égouttées et hachées grossièrement ; 125g de filets de hareng fumé (conserve), égouttés. 

    Si je comprends bien, il s’agit de rillettes de poissons (selon moi, ça ressemble à un tartare de saumon, mais avec du hareng fumé, que je suppose aussi haché. Passons sur la cream cheese !). Et merci à la visiteuse ou au visiteur pour cette recette. Mais pourquoi ne pas l’avoir directement ajoutée aux commentaires ?!

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  2. Si les ‘nourritures terrestres’ ne sont pas aussi — et parfois d’abord — des ‘nourritures spirituelles’, à quoi peuvent-elles bien servir ?! J’ai toujours des rillettes dans mon réfrigérateur… mais c’est dans ma tête qu’elles bonifient !

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  3. Merci de relire ces quelques lignes. Je vois que tu as compris le double sens que m’inspirait le mot “festin”. Ton commentaire est décidément une lecture de ma pensée !
    Ici, c’est la qualité de ton introduction, et de ta rédaction qui inspire ce plaisir, ce festin.

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  4. Il est vrai, qu’à relire, le plaisir est autant l’évocation que dans la réalisation. C’est peut-être tout le loisir de ces recettes que l’on parcourt sans jamais les pratiquer — les magazines dits féminins en font leur beurre. Gide avait raison avec ses confitures.

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  5. Cuisiner est un art
    Déguster est un acte de plaisir
    Écrire ce plaisir est un fait artistique
    Mais, in fine, la plus belle œuvre,
    C’est le festin de l’autre.

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