EXCENTRIC-NEWS | INDEX DES ARTICLES

Ode, élégie, épitaphe… : la poésie de la Renaissance à l'instar de celle de l'Antiquité, qu'elle admirait tant et voulait imiter, s'attache à rendre hommage à travers la Figure de la femme aimée…, admirée, désirée… et regrettée, à l'humain commerce dans ses espoirs, ses joies, ses peines. On n'y prend Dieu qu'à témoin pour garantir la réalité du sentiment humain. Si Ronsard “ronsardisait”, comme il se plaisait à le dire lui-même, cette veine, que les ...
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La nuit ta peau si fraîche. Ton sourire qui
s’ancre à mes yeux épuisant la pénombre. Ton sourire
douce prière. Offre provocante. Commerce. Destination
assurée. Au corps
à corps. Au sexe
à sexe. Dans les cris et l’affolement. Dans la tiédeur et
la plénitude. Ta bouche première. Offerte. Onctueuse. Enveloppante.
Carène de tes dents. Spirale de
ta langue. Inaboutie. Et bientôt mes lèvres sur ta nuque. Point sensible.
Ma main vers tes seins. Qui
hésite et choisit. Rondeur. Puissance. Je t’enlace. Tu m'empoignes.
Verge raidie gorgée ...
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Dans nos campagnes d'antan, aux jours les plus courts, les plus rudes, tous travaux de la terre suspendus, la veillée rassemblait autour de l'âtre le petit peuple pour y narrer, magnifiés, des faits devenus extraordinaires et des prodiges rompant avec la banalité et la répétition monotone des travaux quotidiens et saisonniers ancestraux. Cet imaginaire, malgré tout, ne pouvait que s'alimenter des objets de la quotidienneté et, à défaut d'innover, ce sont des vertus supra-humaines que ...
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RIEN DE SPÉCIAL
TRENTE-HUIT PETITES PIÈCES
[PLUS UNE]
EN FORME DE HAÏKU AUTOMNE [passant(s) par là] l’un tourne les talons
l’autre prudent
chasse les feuilles [premier salut au cerisier] feuille après feuille
le vent te déplume
maigre cerisier [deuxième salut au cerisier] maigre cerisier
tes trente-trois feuilles
ne sont déjà plus que trente-deux [troisième salut au cerisier] ultime feuille du cerisier
tu résistes à la nuit
au matin te compterai-je encore ? [quatrième salut au cerisier] que dis-tu maigre cerisier
quand le pic ...
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Nous avions laissé errer Nos pas Sur le sable tiède Ivres de nuit Rassasiés de lune Et il nous fallait maintenant scruter Le silence Au travers de la vague Il n’existe pas As-tu chuchoté Dès lors ta voix S’exténua Devint murmure Souffle tiède Craignait-elle au fait D’éprouver quelque Parole vraie ? D’où vient qu’un mot Existe ? D’où le concept Naît-il ? D’où vient que le silence Présent en moi Surpasse toute abstraction Pour ...
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Nulle invention ici, seulement la simple re-création de préparations éprouvées exploitant les ressources traditionnelles du terroir. Recettes d’hier pour aujourd’hui. Rillettes classiques (au porc)
Rillettes de campagne (au porc)
Rillettes d’Angers (au porc et à l’oie)
Rillettes du Mans (au porc)
Rillettes de Tours (au porc et à l’oie) Rillettes parisiennes (au porc)
Rillettes de canard
Rillettes de garenne
Rillettes de lapin
Rillettes de poulet Fils de charcutier, l’odeur de cuisson des rillettes participe des plus sensibles ...
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Inaugurant la place de l'Abbé-Grégoire à Fort-de-France, dont il était maire — il le demeura jusqu'à sa récente disparition, le 17 avril 2008 —, le 21 décembre 1950, Aimé Césaire, petit-fils d'esclave lui-même, tient à citer longuement celui dont il veut ainsi honorer la mémoire…
Trop fortes sont ses convictions, trop ardente sa passion de la justice, trop vibrante sa pitié pour les faibles et les innocents, pour que Grégoire louvoie ...
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L'homme assis devant un fruit mort, devant une poussière de foudre, l'homme assis devant lui-même, l'homme qui voudrait oublier l'eau, nier les rayons de l'attente, maudire le vin, sécher le sang, pulvériser la pierre avec sa tête, ne plus sentir ses mains, ses anciennes mains tissées de lumière, culbutées de souffrance, ne plus sentir sur ses épaules l'étau de l'air, au centre de son dos l'épée crispée de l'impossible, écoute en ses jambes alourdies l'appel ...
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  Dans la Chine traditionnelle, les arts sont des activités liées à l'écriture, ainsi même la musique, la poésie et les rites. Et c'est dans un monde en perpétuel changement, tel que le conçoivent les Chinois, qu'émergent des signes de cohérence que l'on appelle wen, exprimant l'intelligibilité de l'univers. Ce sont ces signes que le sage, l'artiste en est, est capable de déchiffrer.   Wen signifie nervure, veine, mais également écrit, culture, civilisation, motif ...
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Voici quelques mois, traversant le pont Alexandre III, à deux pas de la place de la Concorde et à quelques pas de moi, une jeune femme se penche et, étonnée, ramasse un gros anneau d'or. Elle se retourne pour voir s'il n'appartient pas à quelque passant qui vient de le perdre. Personne en vue. Elle m'interpelle, me montre l'anneau, constate qu'il est poinçonné, me demande qu'en faire. Je lui suggère d'aller le déposer aux “Objets ...
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CONTRIBUTION À INNOMBRABLES RETOURS. À propos et à la périphérie du travail de Jean-Pierre Husquinet.   Les lianes attachent, mais elles ne savent pas nouer. Il faut une main d'homme pour attacher en nouant. Quand j'écrivais mes livres sur l'imagination de la matière, comment ai-je pu négliger de méditer sur la corde souple qui conquiert par le nœud le symbole de la force et de la ténacité ? Gaston Bachelard, Châteaux en ...
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COUCOU-LES NUÉES OU NÉPHÉLOCOCCYGIE.  Ville construite dans les airs, à la verticale de la plaine de Phlégra, en Grèce. La ville fut fondée en 400 av. J.-C. par l'Athénien Pisthétairos pour servir de forteresse aux oiseaux. On peut encore apercevoir aujourd'hui les ruines de la cité et, en particulier, les vestiges de la porte du Grand Mur, construite en bois par des colonies de pélicans. On raconte que, retranchés dans leur forteresse, ces oiseaux prétendent ...
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100 ans après… Dans la paix des champs Tout simplement À ceux qui sont tombés là Allemands, Britanniques, Français, Italiens… Tous unis dans cette mort-là ...
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Une interlocutrice, dans un réseau voisin,  a 'posté' ceci, il y a de cela quelques jours : Hollande hué à Carmaux : 'Si Jaurès su, Jaurès pas viendu !' L'évènement n'est pas récent : la commémoration de l'assassinat de Jean Jaurès, en mars 2014, mais je me pose cette question — vous me direz : on ne refait pas l'histoire — : si Jaurès n'avait pas été assassiné, alors qu'il se radicalisait — ce n'était ...
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Il avait écrit, "la fracture est nocturne comme l'être" et se souvint alors d'avoir aussi noté, "la fracture est nocturne comme en témoigne le lit déserté par celle que l'on a aimée". Il comprend maintenant que c'est dans la fracture même, la faille qui se creuse entre ces deux identités (entités ?) que prend figure le désir. Le désir égale la nuit, le désir égale la mort, dont la figure ne peut prendre que le ...
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… du plus tendre (1993), au plus terrible (2003). 1. Tes lèvres Ce matin Dès la première gorgée J’ai pensé à toi Tes lèvres Étaient dans la tasse de café Délicatement Je les ai aspirées      sucées Puis croquées Comme on le fait d’une dragée Mais à la seconde gorgée Tes lèvres Baignaient toujours dans le café Alors je les ai baisées 2. là où la terre éteint ses dunes la mer ourle ses flots ...
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[Soissons] … En sortant de Saint-Médard, je me suis égaré sur les bords de l’Aisne, qui coule entre les oseraies rougeâtres et les peupliers dépouillés de feuilles. Il faisait beau, les gazons étaient verts, au bout de deux kilomètres, je me suis trouvé dans un village nommé Cuffy, d’où l’on découvrait parfaitement les tours dentelées de la ville et ses toits flamands bordés d’escaliers de pierre. On se rafraîchit dans ce village avec ...
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[FRANÇAIS] Le texte, que nous donnons ici dans une version bilingue, a fait l'objet d'une traduction française en 1996, alors qu'il était encore inédit. Aujourd'hui, il est publié dans sa version originale italienne, dans un recueil de quatre récits (racconti) comprenant en outre : “La sacra iniziazione”, “La thaymùma”, “Mù Zina” et une belle préface de l'éditeur Sandro Allegrini, dans "Cinque perle d'argilla" édité aux Edizioni Orient Express à Castel Frentano (Italie),  en juin 2005 ...
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L’homme immortel défie le temps et ne se pose pas la question de son éternité ; il n’est agité par nulle angoisse existentielle. Condamné à indéfiniment se survivre, il n’est aucunement préoccupé d’assurer une postérité. Immobile, sans futur, inlassablement face à lui-même, s'ignorant (il est le Tout, l’univers), et à ses semblables dont il ne veut soupçonner la présence (il est un mythe à lui seul). Il participe de ces mythologies que l’on dit fondatrices, ...
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Le monde arabe ou arabo-musulman, comme on aime à le nommer généralement, n'est pas aussi monolithique dans sa pensée qu'on veut bien le prétendre. Il y eut aussi ces "siècles d'or" où, malgré des pressions puissantes et contradictoires, une véritable humanisme pu — et su — s'épanouir (non sans répression d'ailleurs). Il est vrai aussi que cela correspondait à une grande période d'expansion de l'Islam politique. Une pensée libertine, au sens de nos siècles classiques, ...
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Il y a quelque temps déjà, attablé face à une femme amie que j’entretenais de certaines choses relatives à mon activité, j’observais son visage, sa bouche, ses yeux, son front, et remarquais qu’en écho à mes propos, à dire vrai incertains et inquiets, les siens, péremptoires et justes aussi — trop justes peut-être —, sertissaient une certitude de soi que contestaient dans le même temps maints petits plissements mouvants des lèvres, des commissures de la ...
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Effroi. On part en lecture sous un futile prétexte et, au hasard d'une page, j'y reviendrai nécessairement, on rencontre l'effroi. On voudrait s'en expliquer… et l'on n'y parvient pas. On revient, prétendûment, pour s'en libérer, vers une lecture plus légère, et, avec elle, l'effroi nous revient. Alors, pour s'en libérer, prétendûment, on la livre. Mais, il faut en convenir, elle ne nous délivre pas. Ah ! le monde est trop beau pour ce sang mal ...
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Quelque chose passe l'épreuve du quotidien sans discernement. Sur les visages immobiles la nature rencontre ses limites encastrées dans les marges du temps. Aucun geste n'annonce le suivant — chacun se détache et accède à la ruine. Au matin la place disponible où ils ne peuvent tenir dans leurs bras les êtres et les choses. Leur visage porte la trace des collisions. Nicole Richard, Les marcheurs, pp. 32 et 55, 1998. Éditions du Noroît, Saint-Hippolyte ...
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La mer, les marins, l'ailleurs, l'aventure… Mais aussi l'abandon, la solitude de l'aimée abandonnée. Des 'figures' comme celle du 'marin' inondent le folklore du monde entier — il y a tant de mers, tant de marins, tant d'amoureuses délaissées… Un peu par hasard, comme d'habitude, je trouve deux illustrations de cela. L'une, la première, vient du folklore algérien ; l'autre, la seconde, d'une chanson populaire française du début du XXe siècle. Distance ? Proximité ? ...
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No Culture || La Liberté guidant le peuple | Photo: VS
LE MATRIOTE
Qu'ils partent à la guerre ! Qu'ils partent vers l'horreur ! Qu'ils se tuent pour leurs pères ! Quels pères ? Le seul qui est au ciel ne leur suffit point ? Ô hommes débiles, incapables d'assumer la guerre en vous-mêmes ; et elle en déborde ! Hommes faibles ; et la faiblesse enfante la violence. Hommes lâches ; et la lâcheté enfante la cruauté. Hommes faux ; et le mensonge enfante la ...
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À deux jours d'intervalle, mes lectures me font rencontrer ceci et cela. La prophétie est une tromperie malveillante. Le pouvoir d'un prophète réside dans sa malveillance. Toute transgression excite son ire. Il est incapable d'empêcher qu'elle ait lieu et la frappe donc d'une menace. Autant de transgressions, autant de menaces, et il y en a malheureusement plus qu'il n'en faut. Peut-on s'imaginer chose plus dégoûtante qu'un prophète ? Mais pourquoi accuses-tu les prophètes de tromperie ...
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Il y a vingt-cinq ans [à la date de rédaction], le train à grande vitesse n'avait pas encore rapproché les recoins de la France de Paris, et il m'arrivait plusieurs fois par mois de faire certain trajet, dans un sens comme dans l'autre… Aujourd'hui, décidément, ce court texte, resté en suspens, me rappelle, avec beaucoup de tendresse, à la fois cette femme ainsi fugitivement rencontrée et les pages magnifiques et terribles de “La montagne ...
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Le plus admirable dans Montaigne, c'est qu'il ne se hâte pas. Il manipule doucement les émotions et les pensées les plus impatientes. L'intérêt qu'il porte à lui-même est inébranlable. Il n'a jamais vraiment honte de son personnage. Il n'est pas chrétien. Tout ce qu'il observe lui paraît important, mais, au fond, il est soi-même sa propre et inépuisable source d'observation. De ne pas se quitter lui donne une sorte de liberté. Il devient, se possédant ...
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Prions Pour les vivants torturés Les âmes de nulle part Les fautes de nos ancêtres Les tares de nos systèmes Et pour la fête des semences dans la lumière de l'univers Pour les refrains rauques de la rébellion Et le murmure de la mélancolie Pour la flèche de la révolte raidissant l'arc-en-ciel Et pour cette plaie béante au cœur des innocents Jean Métellus, Braises de la Mémoire, Humeurs, Les éditions de Janus, 2011, Paris ...
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Premier entretien avec des personnes qu'il connaît de vue depuis dix ans, et avec lesquelles il a chaque jour échangé des regards pleins d'interrogation. Chacun devrait avoir beaucoup de connaissances de ce genre afin de pouvoir, après des années, leur adresser la parole. Elias Canetti, Le Territoire de l'homme, Éditions Albin Michel, 1978. Traduit de l'allemand par Armel Guerne. À L.M., à ce propos, amicalement. ...
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    Contribution à l'histoire de la philosophie Après que Hume eut inventé l'humour, Hegel dégela le concept. Sally Mara ...
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L’indocile liberté de ce membre qui se manifeste de façon si inopportune lorsque nous n’en avons que faire et qui défaille de façon tout aussi inopportune lorsque nous en avons le plus grand besoin. Michel de Montaigne, Essais. ...
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L'autre est la brèche pour entrer dans le monde. Que faire sans l'autre ?! ...
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Una soledad adentro
y otra soledad afuera.
Hay momentos
en que ambas soledades
no pueden tocarse.
Queda entonces el hombre en el medio
como una puerta
inesperadamente cerrada. Una soledad adentro.
Otra soledad afuera.
Y en la puerta retumban los llamados. La mayor soledad
está en la puerta. Une solitude à l'intérieur,
une autre à l'extérieur. Il est des moments
où les deux solitudes
ne peuvent se toucher.
L'homme se retrouve alors au milieu
comme une porte
inopinément fermée. Une solitude à l'intérieur.
Une autre ...
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Humaniste déjà, vous dites : "Au regard de la justice, même le pire des salauds a le droit d'être défendu." Humaniste toujours, vous dites encore : "Quand un Jacques Vergès s'obstine à défendre les pires des salauds, il devient lui-même le pire des salauds." (Comme le chantait Boby Lapointe : "Comprenne qui pourra !" )   Il y a en tout humaniste 'occidental' un colonialiste et un impérialiste qui s'ignorent. Et cela, Jacques Vergès, ...
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Mohamed Hakim Akalay, un être en poésie   Dimanche 25 juillet 2010, jeudi 25 juillet 2013 : trois années qui n'ôtent rien à la tragédie d'une vie foudroyée. Et ce foudroiement participait de la vie même de Hakim ; sa poésie en donne maints témoignages. Mais il est un autre aspect, clair, lumineux qui demande à s'exprimer : celui de la poésie élégiaque qui prend ses racines dans l'ancienne, longue, belle veine de la tradition ...
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Si les révélations sur le programme d'espionnage américain Prism ont provoqué un concert d'indignation en Europe, la France, elle, n'a que faiblement protesté. Pour deux excellentes raisons : Paris était déjà au courant. Et fait la même chose. Le Monde est en mesure de révéler que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services spéciaux) collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en France, tout comme les ...
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        On disait du poète Abou Nouwas (ca 750-814) — cousin probablement, de quelque manière, de notre François Villon — qu'il était licencieux, porté sur l'alcool, les femmes — notamment celles des autres —, voire aussi, qui plus est, homosexuel. Et encore fourbe, voleur et mécréant. Il n'en était pas moins l'ami des princes et l'on prisait sa compagnie.   Les gens, ô mon ami, nous accusent de choses qui nous sont inconnues, et ...
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Heureux celui qui ne demande pas plus à la vie qu'elle ne lui offre spontanément, et qui suit l'instinct des chats, qui recherchent le soleil quand il fait soleil et, en son absence, la chaleur, où qu'elle se trouve. Heureux celui qui renonce à sa personnalité pour son imagination, et qui fait ses délices du spectacle de la vie des autres, en vivant, non pas toutes les impressions, mais la représentation, tout extérieure, des ...
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  Nostalgique, moi ?   Le passé est aboli à jamais. Demain est un possible. Le présent, un scintillement.   Sur quoi donc la nostalgie aurait-elle prise ?       ...
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C’est dans l’état de sécurité d’une haute définition intellectuelle que l’esprit est vraiment libre. La puissance de l’ordre formel autorise seule l’aisance de la création, son caractère spontané. Henri Focillon, Vie des formes, suivi de Éloge de la main, Paris, Presses Universitaires de France, 1943. 7e édition, 1981.   ...
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J'écris comme l'araignée tisse sa toile au soir Au petit matin, le balai passera sa main* Araignée du soir, espoir Araignée du matin, chagrin * Variante : son crin ...
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Exergue, avant-propos, cela ne suffit pas, poursuivons le voyage en compagnie de Kenneth White (lire la page précédente) en ce « passage ». Nous sommes en Corse, début novembre. Assis à un café du bord de mer de Saint-Florent, j'ai regardé le soleil descendre sur le désert des Agriates, et le ciel se colorer de rose, puis de pourpre. C'est là que je suis entré en conversation avec Joseph Bastianelli, ou plus exactement ...
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Lorsqu'il voyage, il pousse toujours les choses jusqu'à leur extrême limite. Ernst Jünger, Visite à Godenholm. Depuis les zones intermédiaires de l'existence jusqu'au bord affûté de la vie. Léon Chestov, Les Confins de la vie. Plus un voyageur élargit le cercle de son savoir, plus il est isolé, seul avec l'univers. Jacques-Antoine Moerenhout, Voyages aux îles du Grand Océan. Trois citations en exergue d'un « livre-itinéraire », comme l'écrit ...
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7 octobre 1931 Le couchant se disperse sur les nuages isolés dont le ciel entier est parsemé. Des reflets suaves, de toutes couleurs, emplissent là-haut les diversités de l'air et flottent, absents, sur les grandes meurtrissures des hauteurs. Sur la crête des toits qui se dressent, mi-ombre, mi-couleur, les derniers et lents rayons du soleil déclinant prennent des formes colorés qui n'appartiennent ni à eux, ni aux objets où ils se posent. Il règne ...
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Avoir touché les pieds du Christ, ce n'est pas une excuse pour faire des fautes de ponctuation. Si quelqu'un n'est capable de bien écrire que lorsqu'il est ivre, je lui dirai : Enivrez-vous. Et s'il me réponds que cela lui fait mal au foie, je lui dirai : Qu'est-ce donc que votre foie ? C'est une chose morte, faite pour vivre aussi longtemps que vous vivrez, mais les poèmes que vous pourrez écrire vivront sans un quelconque « aussi ...
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27 juillet 1930
La plupart des gens souffrent de cette infirmité de ne pas savoir dire ce qu'ils voient ou ce qu'ils pensent. On dit que rien n'est plus difficile que de définir par des mots une spirale ; on prétend qu'il faut dessiner en l'air, de la main et sans littérature, le mouvement ascendant et sagement enroulé par lequel cette figure abstraite des ressorts et de certains escaliers se manifeste à nos ...
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La solitude me désespère ; la compagnie des autres me pèse. La présence d'autrui dévie mes pensées ; je rêve avec une distraction spéciale, que toute mon attention analytique ne parvient pas à définir. Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité (de Bernardo Soares), Autobiographie sans événements, 48, traduit du portugais par Françoise Laye, Christian Bourgois Éditeur, 1989. À D.D., pour ce geste si juste…, justement ! ...
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Ce n'est pas vrai l’histoire que les hommes ont découvert le feu en cognant deux pierres. Le feu est apparu d’autre manière, quand la solitude du premier homme s’est heurtée à la première question, quand un homme a songé à changer ses blessures en espoir, pour éclairer ses mains et la peur en lui. Peut-être que le feu n’a été qu’un moyen de lutter contre la cendre, quand les aigles fondent sur nous et que ...
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En effet, en doutant, nous sommes incités à chercher ; en cherchant, nous percevons la vérité. Abélard [1079-1142], Sic et non. La foi des fidèles croit, elle ne discute pas. Saint Bernard de Clairvaux [1090-1153] ...
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Tes yeux, tes cheveux indécis,
L'arc mal précis de tes sourcils,
La fleur pâlotte de ta bouche,
Ton corps vague et pourtant dodu,
Te donnent un air peu farouche
À qui tout mon hommage est dû. Mon hommage, eh, parbleu tu l'as !
Tous les soirs quels joie et soulas,
Ô ma très sortable châtaine,
Quand vers mon lit tu viens, les seins
Roides, et quelque peu hautaine,
Sûre de mes humbles desseins, Les seins roides sous la chemise,
Fière de la fête promise
À tes sens ...
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Aldous Huxley, éminent écrivain anglais (Le Meilleur des Mondes…), fut de cette génération, sœur de celle d'André Gide, d'écrivains, poètes et artistes britanniques qui choisirent un moment de leur vie de résider sur le continent et plus particulièrement sur le pourtour méditerranéen et constituèrent ainsi une communauté cosmopolite et mouvante qui contribua activement à une nouveau rayonnement de la culture et des lettres anglaises sur le continent et à un nouveau regard extra-insulaire en ...
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Passerelles. Dans un billet récent, nous tournions avec quelques uns, dont Pierre Soulages, autour d'Un Enterrement à Ornans de Gustave Courbet, en compagnie de Pierre Schneider. Aujourd'hui, c'est Georges Duby, reprenant ainsi le flambeau tendu, qui met en perspective les deux 'géants' de l'art pictural que sont Courbet et Soulages. De ce qui se dit, s'écrit ainsi, on devra convenir qu'il a fallu, de part et d'autre, outre l'intelligence des œuvres, l'acuité du regard porté, ...
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          Au cœur de l'expressionnisme se tient la volonté réfléchie de briser l'ordre établi. Par le scandale, la dérision, la dénonciation agressive de tous les travers, de toutes les bassesses, de toutes les injustices, par l'exhibition tonitruante de ce qui, dissimulé sous la bonne conscience des "élites", nourrit l'inquiétude, la colère ou la folie. L'art expressionniste, par nature, est un art engagé. Une prise de position morale le soutient, active ...
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Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, 1849-50, toile, 3,15 X 6,68 m. Musée d'Orsay, Paris. Pierre Schneider, longtemps critique d'art à L'Express, dès le début des années soixante, invita séparément onze artistes alors réputés à des visites "dialoguées" du Louvre. De ces entretiens naissent, en 1972, chez Denoël, Les Dialogues du Louvre. Une réédition, sans remaniement mais complétée d'une longue postface, paraît, elle, chez Adam Biro, en 1991, à l'occasion de la création du Grand ...
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moi
Un pays où celui qui dit "je" s'enfonce prestement sous terre.   Elias Canetti, Le Cœur secret de l'horloge. Monsieur Moije m'entretient d'une question personnelle. Brièvement, il m'en expose le motif et, tout de go, sollicite ma réaction. Éloigné de son point de vue, j'ose un prudente objection que, derechef et abruptement, Monsieur Moije interrompt, sans même en entendre davantage. "Moi, je vous le répète, dit-il sèchement, ce n'est pas de vous qu'il s'agit, mais ...
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grue
C'est un bel engin qu'il a là, le grutier ! Mais connaissez-vous la journée du grutier ? Tôt monté, le dernier descendu, attentif à tout. Attention, danger ! Maître du poids et des contrepoids, régissant la charge du chantier. On le voit, le premier monter l'échelle abrupte, mains protégées, petit sac à dos pour la journée, afin, de sa minuscule cabine, tout dominer. Mais, y avez-vous pensé : comment, le grutier, tout là-haut, fait-il pour ...
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Au fil du temps, il me fallut bien mettre un nom sur notre inimitié ; aussi, de dérive verbale en dérive verbale, je finis par les nommer Dupon, lui et sa comparse, sa Duponne, tant il me semblait que chez ces gens-là, ce n'était pas la joie. Les Dupon, disons franchement, je ne les connais pas plus que cela : il (ou elle) ouvre ses volets le matin — et c'est, en la circonstance, ...
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  L'hôtel de tourisme avec, à demeure, ses femmes de chambre maghrébines ou venues des pays de l'Est — croisées quotidiennement, fumant une cigarette sur le trottoir, un peu à l'écart de l'entrée, ou encore à la caisse du supermarché voisin, sandwich et boisson à la main. Ici, pas de Blacks, employées par une société de services et circulant d'un hôtel à l'autre. Non, un employeur bien classique pour qui il s'agit, bien sûr, ...
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NOTA BENE :

Des articles des années 2004 À 2009 sont en cours de republication. Merci de votre patience.

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