GÉNÉRATION BACHELARD

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Dès qu’on accède à une loi géométrique, on réalise une inversion spirituelle très étonnante, vive et douce comme une génération ; à la curiosité fait place l’espérance de créer.

Gaston Bachelard, La formation de l’esprit scientifique, Discours préliminaire.
Il est de ces formulations qui vous laissent pantois. Cependant rien d’étonnant de la part du vieux phénoménologue scientifique et poétique, et grand empêcheur de penser en rond, que fut Gaston Bachelard. Peut-être est-ce là aussi l’intuitive méthode de J.C., dite G. ?

20 réflexions au sujet de “GÉNÉRATION BACHELARD”

  1. Cher Vincent,Bachelard !!!! Le philosophe qui me parle totalement… “La psychanalyse du feu” que j’ai lu et relu ici et là, y trouvant matière à avancer dans la réflexion intuitive et scientifique. Et plus récemment “La poétique de la rêverie”… Dois-je m’expliquer de celà ?

    Cet autodidacte ne pouvait me laisser insensible !!!

    Je vois que la triple Hécate est un lien avec le triblog de Gertrude. Il me semblait que cette rencontre pourrait se faire… et si je suis ce passage,vous m’en voyez contente. Laissez s’accomplir les choses sans forcer qui que ce soit… Ainsi, un rêve idéaliste (le mien) ouvrir le champ d’ouverture vers tout ce que se complète, en amitié dans l’art,ou tout autre connivence, participer à la découverte sans cesse puisque la vie est là pour cela.

    Bien des déceptions dans la réalité, mais le risque est constant. (je parle d’une partie de mon vécu…) J’espère que ce présent est plus positif,et,je crois ,oui que c’est le cas à ce jour.

    J’ai eu il y a quelques années le plaisir et l’honneur de “travailler”avec une grande dame dont les expositions sont internationales : Geneviève Besse. Ce fût lors de son illustration livresque sur des manuscrits de Saint-John-Perse et une exposition organisée par la fondation de ST J. PERSE.

    Vous comprendrez que je puisse demeurer modeste en regerd de cela.

    Avant d’accepter cette proposition, j’ai demandé à réfléchir. Saurais-je être à même de ne pas décevoir ? J’ai “travaillé” six mois sur les textes afin de pénètrer cette poésie grandiose et difficile pour qui n’avait que peu d’habitude d’écoute et de lecture de poésie (il s’agissait d’une prestation dans un lieu publiquement ouvert à tous… et retenir l’attention était un pari qui semblait impossible quand j’étais prévenue que les personnes partaient au bout d’un quart d’heure en général.)

    Cette expérience est parmi l’une des plus extraordinaire que j’ai connu.

    Donc,à nos rencontres !…

    Bien amicalement. Hécate

  2. L’indéfectible Bachelard, qui, comme Montaigne, m’accompagne depuis mes années d’humanités. Sa phénoménologie de l’imaginaire est, de certaine manière, une clé de compréhension du réel essentielle pour moi. Vous trouverez dans ‘sous, le clavier…’, à la page ‘de noeuds et de corde’ une petite mise en perspective ; comme déjà noté, d’autres pages sont encore a ressuciter, à re-susciter.

    Geneviève Besse, que je connais trop vaguement. Mais ses références initiales, à plusieurs titres et noms : Ubac, Bazaine, Sonia Delaunay, Vasarely, Calder, Max Ernst, ne peuvent me laisser indifférent. Et, que je comprends votre démarche ! Ayant animé et dirigé des ‘lieux’ culturels et artistiques (pourquoi distinguer ainsi ces deux termes ?), j’en prends toute la mesure.

    Continuez ainsi, suivez votre ‘ligne de vie’ et votre ‘fil d’Archal’.

    Bien cordialement.

    V.

  3. Je n’avais pas vu votre petit clin d’oeil !

    Vous touchez juste : je suis une scientifique au départ et j’ai toujours été convaincue des connivences de la Science avec les arts plastiques et la poésie.

    La recherche scientifique à mon humble avis a des points commun avec la recherche artistique; sa dimention d’exploration notamment; pour ma part je ressens beaucoup de satisfaction à “bricoler” des dispositifs “scientifiques” dérisoires (et oui) et absurdes.

    “La poésie du Bricolage lui vient aussi, et surtout, de ce qu’il ne se borne pas à accomplir ou exécuter ; il « parle », non seulement avec les choses, mais aussi au moyen des choses. …) l’artiste tient à la fois du savant et du bricoleur.”
    (
    Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage. La science du concret.

    Par contre j’ai quelques lacunes par rapport à Bachelard, mais je lirai.

    Merci de votre esprit acéré face à mes modestes expériences…

  4. Les dents acérées livrent les langues les plus douces… 😉 Oh, le vieux, le très vieux Lévi-Strauss. Heureux les hommes comme lui. Pour ce qui est de Bachelard, c’est un vieux complice…, j’ose cette irrévérencieuse formule. Je peux vous y guider vaguement.

    Pour être très franchement sincère, je suis totalement incapable de l’intelligence et de l’expression de ce que vous faites. Je m’en émerveille avec quelque complexe… Et comme je me sens ‘morveux’, je vous demanderai quelque service.

  5. Comme toutes les choses que les hommes font, cela a l’usage que l’on en a et le sens que l’on y trouve. Et puis, à la manière de Lao tzi, la cruche peut bien être d’argile modelée, c’est son vide intérieur qui fait son utilité.

    Pour ce qui est du petit service, si vous le voulez bien, il s’agit de trouver une illustration pour le poème ‘la nuit, jouir’ de mon site ‘sous, le clavier…’ J’ai longtemps hésité à republier ce texte auquel je tiens, craignant une mauvaise compréhension. J’ai vainement cherché des illustrations : trop triviales, trop évasives, trop allusives… Toujours ‘trop’… et finalement jamais ‘assez”, jamais ‘juste’. Aussi, si vous, la plasticienne, avez une idée… Par avance, merci.

    Je suis vraiment émerveillé par votre dynamisme d’imagination et de création, moi qui dois me torturer la cervelle pour encore écrire trois lignes. D’une certaine manière, vous, comme Hécate, me sortez de mon ressassement et de mon désabusement. Je vais donc me ré-atteler à la grande œuvre de ma vie afin de finalement incompléter définitivement mes œuvres incomplètes.

    Pour ce qui est du Plomb du Cantal, je renonce provisoirement, car aujourd’hui le ciel du Plomb est trop plombé… et le cantal attend sur la table que je le termine. Et, avant le retour à Alphaville-sur-Seine intérieure, je dois encore faire mes dévotions à Saint Nectaire.

  6. “… Mais une fois évincée toute référence à des polarités physiques, le problème de la polarité psychologique qui a tant occupé les romantiques reste posée. L’être humain pris aussi bien dans sa réalité profonde que dans sa forte tension de devenir est un être divisé, qui se divise à nouveau à peine s’est-il confié un instant à une illusion d’unité. Il se divise puis se réunit. Sur le thème d’animus et d’anima, s’il allait à l’extrême de la division,il deviendrait une grimace de l’homme. De telles grimaces existent : il y a des hommes qui sont trop hommes – il y a des hommes qui sont trop femmes. La bonne nature tend à éliminer ces excès au profit d’un commerce intime,dans une même âme, des puissances d’animus et d’anima. (G.Bachelard)

    Bonne journée à vous,et bonne entente avec Gertrude.

    Amicalement. Hécate

  7. Et comme vous faites allusion à Montaigne, comment ne pas penser à son essai “De l’amitié”. Il décrit les délices de celle-ci. Du reste sa rencontre avec Étienne de La Boétie détermina une amitié soudaine et définitive.(voir ce qu’en écrit Allan Bloom, que je cite uniquement parce que cela est en accord evec mes propres convictions). H.

  8. 1) J’ai découvert votre poème, hommage brûlant et sensuel à votre aimée, comme j’aurais entrouvert le rideau pour apercevoir « L’origine du Monde » de Courbet ; avec le même sentiment que m’inspire ce tableau (bien mal interprété, lui aussi), mêlant plaisir coupable à se trouver comme un voyeur face à l’expression impudique et dévoilée de la plus grande intimité et bonheur que procure la peinture dans ses plus belles manifestations, dans sa vérité nue et émouvante. Un texte tel que le votre, comme le tableau de Courbet, entraîne le lecteur ou le spectateur du côté secret ou interdit de la porte refermée du « Verrou » de Fragonard. Les écrivains comme les peintres ont ce pouvoir (Hécate reconnaîtra ainsi celui de Robert Alexis, par exemple) de faire de leur « regardeur » une pièce maîtresse de leurs créations, d’amener cet œil extérieur au voyeurisme nécessaire à la problématique de leur dispositif ; c’est par exemple le point central de « Étant donné… » de Marcel Duchamp. Je crois que c’est le cas de votre texte, cru mais beau, et de votre démarche qui est certes d’évoquer un vécu qui vous appartient intimement mais d’aller au paradoxe de le donner à lire, et qui plus est sur Internet, par sa forme poétique. Maintenant vous me demandez mon avis sur une éventuelle illustration. Cette demande , pour l’instant, a comme principal résultat, de m’amener à poser mon regard sur votre texte, un regard orienté, un regard qui cherche l’image… « L’Origine du Monde », « Le verrou », « La Maja nue » de Goya, c’est plutôt bien joué pour l’évocation ; mais permettez-moi de m’interroger : Que peut faire au juste une internaute inconnue, bricoleuse de crâne et de vieil os décharné, qui a l’esprit en escalier dans les dérives de son cyber vaisseau fantôme ? Vous renvoyer en miroir la Vanité de Vanités ; celle de la chair de l’amour comme celle de la chair oubliée de Gertrude ? Et vous qu’attendez-vous d’une illustration ? Qu’apporterait-elle à votre texte ? à moins que cela ne soit un (pré)texte, piège, capteur sophistiqué de l’œil qui lit, de l’œil voyant.

    Je réfléchirai.

    2) Vos compliment ont le mérite de faire plaisir même s’ils ne sont pas justifiés.

    3) Dommage pour le Plomb du Cantal ; tant mieux pour le cantal et le saint nectaire qui sont parmi mes fromages préférés.

    Bien à vous.

  9. Bon ! Abandonnez cette vraie ou fausse modestie, mais restez sûre d’une seule chose, votre incertitude.

    Quant à vos idées illustratives, je les retiens, mais, présentement, je ne parviens pas à les intégrer à un texte qui est tellement mien et, en même temps, si fragile. Oui, je ne sais pas trop ce que j’attends, j’entends par illustration.

    Quant au saint nectaire fermier et au cantal vieux, celui trouvé, comme d’habitude, au marché couvert et hebdomadaire de Riom, non pas ‘ès montagnes’, dans le Cantal, mais l’autre, dans la Puy-de-Dôme, au nord de Clermont-Ferrand, sont de pur délice, ainsi que le vrai pain de campagne (bio) venu des Combrailles. J’imagine faire un jour pas trop lointain une dégustation, avec mes rillettes, dans mon passage roquettien de Paris.

  10. Je n’essaie pas, généralement je parviens (pour pasticher Picasso). Mais attirer un crâne vaguement retrouvé, de près ou de loin et peu ou prou, dans de lointaines tuileries, ne me déplairait pas. Mais accéder à ces effluves-là, comme vous avez pu le lire, n’est pas une mince affaire.

  11. À G. ‘La nuit, jouir’, suite : à y réfléchir, j’ai trouvé des pistes en direction de Balthus, Van Dongen et Klossowski. Leur érotisme appuyé me sied assez bien. J’ai souvenance d’essentiels dessins au trait de Klossowski, me semble-t-il, dans une belle édition de – je ne sais plus – ‘Histoire d’O’ ou ‘Roberte’.

  12. Il est question de surréalisme,de poésie,de peinture…Il y a aussi Clovis Trouille, pas inintéressant non plus.”La métamorphose des amants” de André Masson”….Du côté de Léonor Fini, ce n’est pas mal non plus…

    Cher V.S, j’ai lu votre poème… Vous savez exprimer par les mots bien… des émotions.

    Si vous êtes poëte… nous avons là encore des points communs.

    A vous retrouver bientôt chez vous où sur mon Fil…

    L’univers de Delvaux,que m’en diriez-vous? Son exposition à Paris il y a des années de cela était climatique et obsédante.

    Bien amicalement. Votre Hécate

  13. … L’amour ne vaincra pas, dit Breton, “tant qu’à l’echelle universelle on n’aura pas fait justice de l’infâme idée chrétienne du péché. il n’y a jamais eu de fruit défendu. La tentation seule est divine”.

    H…

  14. Breton à, bien entendu raison, mais malheureusement cela ne règle pas le problème. Pour ce qui est de Delvaux, j’aime cette nudité dont il habille et dépouille à la fois ses femmes, cette femme – toujours identique à elle-même, comme chez Hopper. Mais, en l’occurrence, nous sommes loin de ce ‘climat’ (si je me souviens bien ;-), d’autant que la touffeur de cette nuit-là n’est en rien comparable à l’atmosphère, anaérobique, de la gare qu’il s’est plu à peindre inlassablement, toute proche de son atelier et que je connais assez bien. Il est vrai aussi que Klossowski m’obsède assez à cet égard et Masson m’intéresse beaucoup aussi. Il faudrait que j’aille faire un tour du côté des illustrateurs de Mandiargue. Ah ! si je savais dessiner…

    Merci de ces orientations. À nous retrouver ici ou là… ou ailleurs.

    Votre,

    V.

  15. Mandiargue ! Un auteur que j’ai beaucoup aimé.”Le musée noir”,et sa poésie sensuelle( “L’âge de craie” je crois…) Du côté de Ch.Julliet, la poésie est brûlante.Celle d’Alain Borne aussi.

    Delvaux a peint des scènes de sabbat,sans train…mais les femmes y sont plus de apparitions que des femmes charnelles …bien que l’érotisme y soit contenu comme en attente… Je ne l’évoquais que pour vous savoir de vous ce côté Belgique…

    A vous.

    H.

  16. Oh, ‘ma’ Belgique est bien intérieure ! Juliet, Borne…, décidément nous puisons aux mêmes sources…, même si ce dernier doit quelque peu à la revue Fontaine (sourire des mots !) Quant à Juliet, pour l’avoir rencontré, il m’impressionne beaucoup. Et, en bon Bram van Veldien, j’apprécie beaucoup ce qu’il perçu chez le vieux peintre, comme Alechinski d’ailleurs (encore un Belge !). Belgique intérieure, non fantasmatique – et cela je le dois aussi à Delvaux…, non, pas celui-ci, l’autre, André, le cinéaste de ‘Rendez-vous à Bray’, de “Un soir, un train’, de ‘L’œuvre au noir’… Une forme de ‘baroquisme’ dépouillé. Ghelderode, par ailleurs… Décidément, je parle trop… Je me tais. Bonne journée !

  17. Parler trop ? Non, cher, du tout… C’est toujours captivant. Et Ghelderode, j’ai lu qelque petites choses qui m’ont laissé des traces.

    Le cinéaste Delvaux aussi… (une parentée avec le peintre, je crois ?)

    Vous avez rencontré Juliet? Ce devait être très fort, J’ai lu il y a assez de temps une partie de son “journal”; sa poésie est si intense, vibrante…

    A vous, Hécate

  18. L’an passé, j’ai assisté au Théâtre des Quartiers d’Ivry (où fut Vitez) à un excellent ‘Pantagleize’ de Ghelderode – dans lequel jouait un de mes amis – ; une pièce ‘décalée’, dans un univers ‘décalé’ et, bien sûr, des personnages ‘décalés’, eux-aussi. Toujours difficile de juger Ghelderode : son côté baroque flamand échappe à nos rationalisations. Visionnaire ou nostalgique ? Je ne me prononce pas.

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