‘HUMANIMALITÉ’ OU BESTIALITÉ ?


‘L’homme est un loup pour l’homme’, la sentence est de Thomas Hobbes et elle a valeur de métaphore à l’usage d’une certaine philosophie politique, mais il est bien difficile de la retourner ; les loups ne comprennent pas quand on leur clame : ‘Le loup est un homme pour le loup’. Il est vrai qu’inventer un quelconque TPI est loin des préoccupations de leurs clans. Chasser en bande dans la taïga leur suffit. Finalement, s’il est un animal qui a quelque proximité avec l’homme en la matière, c’est le porc : abandonnez un porc blessé dans une bauge ; il n’en restera rapidement plus rien. Dévoré par les siens. La ritournelle a donc raison : ‘Les hommes sont des cochons…’

Quant au loup :
Les autres loups me mettraient en pièces s’ils apprenaient
qu’en réalité mon hurlement n’est que gémissements.

 

Octavian Paler, Imposture.
Traduit du roumain par I.P. et V.L.

5 réflexions au sujet de “‘HUMANIMALITÉ’ OU BESTIALITÉ ?”

  1. Si le monde animal lié à l’homme dans le contexte de l’aliénation mentale au 18ème siècle vous tente, je vous recommande le dernier roman d’un auteur sauvage comme un loup et qui refusait jusqu’ici de révéler quoi que ce soit de lui.”Les figures” chez Corti, de Robert Alexis. Une visite sur mon blog vous donnera un apercu du livre. À votre prochaine visite qui sait ? Cordialement. Hécate.

  2. Humanimalité. Voici en effet un axe, qui pour ne pas m’être étranger, diverge quelque peu de mes sentiers habituels (ces temps-ci). Humanimalité. Plutôt, pression écrasante du moment (de société), la grimace socio-politique. La méchanceté du monde…, non, des hommes…, non, de certains hommes. D’hommes trop certains. Donc, je lirai – promis – Alexis avec intérêt et plaisir. Un homme qui nous ressemble. Presque trop. Une forme de la ‘pensée sauvage’, celle qui dans les friches et les interstices d’un quotidien dien, dien, donne encore élan à notre intime vitalité. Vital.

    À vous lire, à vous relire et relire. Bien cordialement.

  3. Merci de votre visite sur mon “fil d’archal” et d’y avoir laissé un commentaire. Certains ont reprochés un excès de noirceur à ce roman. Robert Alexis lors de son bref passage télévisé chez Olivier Barrot a dit que ce qui était démontré dans “Les figures”,c’est que nous sommes plusieurs à la fois, que nous pouvons avoisiner l’animal. Que le but de son roman est d’inviter le lecteur à partager cette intuition de pluralité; que le vrai délire réside dans l’identité mutilée, que là est la vraie mostruosité. Bonne lecture à vous, et revenez me donner votre ressenti, cela m’interesse. Cordialement votre.
    Hécate

  4. Vous m’avez offert ce vers de G.Apollinaire,merci à vous. Comme de vos réfexions sur mes texte sur mon blog.Bacon, oui magistral peintre.

    Ma culture est totalement hasardeuse, plus une intuition sensitive et d’opportunes rencontres qu’autre chose. La marginalité sauvage apprend de la vie sans cesse.

    Bien à vous.

    Hécate

  5. Pour faire suite à Hécate…

    Bacon ! Oui, Bacon…, en effet ! Au titre, très aléatoire, des rencontres hasardeuses, Bacon me renvoie à la belle approche que l’exaspérant Sollers en a offerte, tout comme – puisque c’est mon ‘homme du jour’ – à celle de Comte-Sponville rencontrant Chardin. Et donc, ainsi, de part et d’autre et de proche en proche, les uns mirant les autres, une sorte de jeu de portraits, de miroirs, de citations, de mise en abîme sans fin. À approfondir. Une vague approche dans mon ‘Paul Cézanne et quelques-uns…’ Et, pour pasticher Malraux, dans ce dialogue-là, il y a toujours une tierce invitée (la mort). Vérité (beauté ?) émouvante et terrible des autoportraits de Rembrandt, Chardin, Cézanne, Bonnard, Hopper (oui, j’y reviendrai), Bacon… Fascination.

    V.S.

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