INTERLUDE ‘APPASSIONATA’ [BEETHOVEN / SOLOMON]

Il est de ces musiciens magiciens – ou magiques –, Solomon [Solomon Cutner] en est, Beethoven renaît, sous ses doigts de pianiste. Il y a là, chez lui, aérien, à la différence de Claudio Arrau, plus tellurique, que nous évoquions précédemment [INTERLUDE SCHUMANNIEN : ARABESKE] – ce n’est pas une critique, mais une différence, une autre esthétique musicale –, une manière de toucher*, d’effleurer les touches du piano afin d’en exhaler précisèment toute la teneur, l’essence. C’est particulièrement sensible dans cet enregistrement de l’Appassionata de Beethoven daté du 15 février 1956, enregistré à Londres, archive de la BBC. Plutôt que parler, écoutons, regardons…

Solomon, piano. Sonate pour piano n° 23, op. 57, ‘Appassionata’, en fa mineur de Ludwig van Beethoven.

I. Allegro assai

II. Andante con motto – attaca:

III. Allegro, ma non troppo – Presto

Je dédie, comme précédemment, ce texte à A .H., qui, je l’espère, appréciera.

* À ce titre, par ex., l’espagnol [castillan] à une autre approche que notre français ; on y dit ‘tocar un instrumento’ (toucher un instrument) plutôt que ‘jouer d’un instrument’.

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6 réflexions au sujet de “INTERLUDE ‘APPASSIONATA’ [BEETHOVEN / SOLOMON]”

  1. Cher Vincent, merci pour cette nouvelle dédicace ! Oui c’est très bien joué, superbe interprétation ! On dirait qu’il effleure les touches. Très beau, à voir et à écouter. A.H.

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    • Oui ! Certains considèrent Solomon comme un des plus grands beethovéniens du 20e siècle. Si l’on compare à Arrau, on peut admettre qu’il est possible d’atteindre le plus haut point de l’interprétation d’un compositeur par des styles presque totalement opposés, en toute rigueur… et sans le trahir. Tout deux étaient, en ce domaine, exigeants à l’extrême.

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      • Dans « L’Art du Piano », Heinrich Neuhaus, professeur de Sviatoslav Richter, compare l’exigence du travail à de l’eau que l’on fait chauffer. Il faut nécessairement atteindre l’ébullition, sans quoi on restera toujours en deça de son talent (parlant de Richter, de la perfection). Tout donner sans compter. Pour Shakespeare, « La musique est l’aliment de l’amour. » (La Nuit des Rois). Pourrait-on ajouter et vice versa ?

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          • … et j’ajouterez que de cette ébullItion, dans le bouillonnement même du piano de Scriabine – exaltation d’ailleurs toute intérieure –, on trouve une parfaite, il me semble, expression – voire expressivité – dans cette interprétation de ‘Vers la flamme’ par Sofronitsky, qu’en continuité, je propose dans le billet suivant : INTERLUDE SCRIABINE.

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