JE, MICHEL DE MONTAIGNE [ELIAS CANETTI]

montaigne-100x92Le plus admirable dans Montaigne, c’est qu’il ne se hâte pas. Il manipule doucement les émotions et les pensées les plus impatientes. L’intérêt qu’il porte à lui-même est inébranlable. Il n’a jamais vraiment honte de son personnage. Il n’est pas chrétien. Tout ce qu’il observe lui paraît important, mais, au fond, il est soi-même sa propre et inépuisable source d’observation. De ne pas se quitter lui donne une sorte de liberté. Il devient, se possédant toujours, un objet qu’il ne peut jamais perdre. Cette existence unique qu’il surveille sans cesse, s’écoule aussi lentement que sa contemplation.

Elias Canetti, Le Territoire de l’homme, Réflexions 1942-1972 [année 1960], Albin Michel, 1978. Traduction de l’allemand, Armel Guerne.

2 réflexions au sujet de “JE, MICHEL DE MONTAIGNE [ELIAS CANETTI]”

  1. Cette analyse est certes très bien écrite, mais je ne suis pas Elias Canetti. Alors, voici la mienne :

    Maintenant, Montaigne est dans la cinquantaine, ou presque, c’est vieux au 16ème, je l’avais déjà dit ! C’est bien normal, on est plus philosophe en vieillissant, c’est le commun des mortels. Sauf que Montaigne n’est pas commun !!! Il creuse alors son “moi” !

    Et, il creuse, il écrit, il creuse, il écrit, il…

    Je crois qu’il a inventé l’autopsychanalyse ! Ne cherchez pas dans le dictionnaire, ce mot n’existe pas (alors que cette science existe ?)

    Le mot qui s’en approche le plus, c’est “AUTOPSIE”.

    En fait, c’est proche…, mais c’est trop tard !!!

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