L’IMAGE FUT-ELLE TROP PROCHE ? [NICOLE RICHARD]

Quelque chose passe
l’épreuve du quotidien
sans discernement.

Sur les visages immobiles
la nature rencontre ses limites
encastrées dans les marges du temps.

 

Aucun geste n’annonce le suivant —
chacun se détache et accède à la ruine.

Au matin la place
disponible où ils ne peuvent
tenir dans leurs bras les êtres
et les choses.

Leur visage porte
la trace des collisions.

 

Nicole Richard, Les marcheurs, pp. 32 et 55, 1998.
Éditions du Noroît, Saint-Hippolyte (Québec).

 

nicole-richardDe Nicole Richard, je ne vous dirai que peu de choses, si ce n’est qu’elle est née à Verdun (Québec) en 1961,  qu’elle est enseignante, anime des ateliers d’écriture et publie régulièrement aux Éditions du Noroît.

Mais il me semble que l’épigraphe du recueil : Nous ne savons plus si nous souffrons d’excès ou de défaut (Robert Musil), et son dernier vers : L’image fut-elle trop proche ? éclairent son propos, lançant un pont entre ces deux poèmes publiés à quelques pages d’intervalle, et nous le rende plus que proche en effet. Cela suffit donc.

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