LA DÉFINITION DE L’OMBRE [OCTAVIAN PALER]

Si la lumière nous traversait
nous n’aurions plus d’ombre,
elle ne tournerait plus autour de nous
telle un tournesol  noir.
Et si elle ne tournait plus autour de nous
telle un tournesol noir,
la nuit, elle, ne dormirait plus en nous.

Octavian Paler, extrait de L’Ombre des mots (Définitions lyriques),
Inédit en français, traduit du roumain par I.P. et V.L. [droits réservés].

À M.H.A., I.P. et O.P., indissociablement… et aux amis et voisins d’Acquatino et environs, indissociablement aussi.
Photo : v.l., Acquatino, Spello (PG) Italie, juillet 2010.
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3 réflexions au sujet de “LA DÉFINITION DE L’OMBRE [OCTAVIAN PALER]”

  1. Oui, chère Hécate, que c’est beau, Vous, la Nocturne ! Et vous me rappelez que ce ‘comme…’ m’a fait hésiter lors de la traduction : ‘telle’ ou ‘comme’, la question est ‘vraie’. Mais, mais, j’avais, lors de la traduction à mille temps, l’obsession du rythme propre au poème original, impossible à rendre me semblait-il, alors ces ‘telle’ et ‘elle’, à répétition’ me semblaient encore pouvoir y pallier. Juste, pas juste ?

    Quant à la photo, j’y tiens, très intimement, après l’orage, mais il est vrai qu’une autre, ici même mais plus bas, pourrait sembler plus opportune, après un autre foudroiement, quoique déjà employée : ‘Girasole mortifero / Tournesol mortifère’. Les deux sont complémentaires… mais, entre temps, s’est creusé un tel abîme entre elles.

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  2. Ce texte m’émeut beaucoup : pas de transparence totalitaire. Nous avons, garderons, échappant à toutes les sortes de miradors cette part d’ombre, cette zone d’invisibilité profonde, notre plus obscure nappe phréatique qui borde nos émotions et nos mots d’ombreuse poésie.

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