LA MÈRE DE LA DÉSOLATION [ILIO NOVELLINO]

L’intermittence mécanique de la pluie, les briques et les fenêtres, la lampe dont on a oublié l’usage, que fais-tu sans réponse parmi les gestes des épingles. Et si nous mettions tous les ascenseurs du monde l’un au-dessus de l’autre est-ce que la lune pourrait descendre ? Parce que Madame est fille du diable. Nous vivions par les caricatures des sourires et des images, le grand maquillage du temps et de l’espace, le seul souhait qui nous restait au cœur c’était celui de l’enfer perdu. Au loin nous voyions le petit canoë où Noë a sauvé ses bêtes vacillant et chargé de lumière, déchirant le filigrane de l’après-midi pour se perdre dans le brouillard de sanglots de nos poitrines. L’évangile de Protagoras s’est englouti dans le bûcher, mais l’évangile de Protagoras est plus brûlant que toute flamme, plus sacré que toute cathédrale. Par où rentre le jour par où rentre le soir la fente amère des yeux humains a fait apparaître la danse du fauve, la ruche de l’harmonica s’est décollée des lèvres comme une coupe empoisonnée. “La mère de la désolation” ne se trouve pas dans la lune. Regarde, regarde silencieusement ton cœur.

 

Extrait de Papiers d’insomnie d’Ilio Novellino, Éditions Caractères, 1999, Paris.

À Geneviève N., bien malgré elle… et malgré tout.

Publications, entre autres : Papiers d’insomnie et Ami-Plagiat-Mot, Éditions Caractères, Paris, 1999, et L’idole L’arbre, Librairie-Galerie Racine, Paris, 2000.

D’Ilio Novellino, je ne connais guère, sinon au gré d’une rencontre indirecte, né en Équateur, il me semble, a vécu en France, où il est mort à la fin du 20 siècle.

Photo : VS

2 réflexions au sujet de “LA MÈRE DE LA DÉSOLATION [ILIO NOVELLINO]”

  1. Bonsoir Luc ! Encore moi. Je lis cet article et je trouve très beau. La photo me fais penser à mon premier logement de Paris issu des chambres de “bonne” mais que j’ai été heureuse ! Cependant les étés ils étaient chaud, chaud et lourds car il y avait pas des briques mais de la taule ! J’ai souffert de la chaleur mais que j’ai été heureuse sur les toits de Paris ! Bonne soirée et je te demande vraiment de continuer ce super blog ou je viendrai assez souvent car ici il y a de l’air frais ! Bisous nani

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