LA NUIT, JOUIR

safranek-anjaLa nuit ta peau si fraîche. Ton sourire qui
s’ancre à mes yeux épuisant la pénombre. Ton sourire
douce prière. Offre provocante. Commerce. Destination
assurée. Au corps
à corps. Au sexe
à sexe. Dans les cris et l’affolement. Dans la tiédeur et
la plénitude. Ta bouche première. Offerte. Onctueuse. Enveloppante.
Carène de tes dents. Spirale de
ta langue. Inaboutie. Et bientôt mes lèvres sur ta nuque. Point sensible.
Ma main vers tes seins. Qui
hésite et choisit. Rondeur. Puissance. Je t’enlace. Tu m’empoignes.
Verge raidie gorgée. Hésitation. Certitude. Moment
du jeu. Patience. Impatiemment. Champ magnétique.
Élan de nos corps de nos membres de nos sexes. Et je te sais humide.
Sûre de ta
jouissance à venir. Tu
serres pour vérifier. Mesure externe de ta béance. Conscience
intime. Présomption du plaisir. Le tout jouir campant dans la
plénitude de la nuit. Jouer cruellement
avec le temps. Promesse de tes cris de
tes râles. Nous attendrons la fraîcheur tardive. Assoupissement.
Toujours ton regard. Brûlant. Ton sourire dépassé. Veille.
Apaisement de la nuit accomplie. Lune
absente. Hululement de femme vrillée d’amour. Ailleurs.
Concrètude d’une jouissance. Chant cathartique. Inépuisé. L’as-tu
entendue ? Ouverte. Effondrée. En deçà d’elle-même sous le sexe vert.
Fouissant. Tendu vers l’aboutissement. Longue retenue. Abandon. Silence. Tu es là.
Ta
peau souple et élastique.
Ta main qui s’agite. Va-et-vient. Méthodique. Tu sais.
Je sais. Ta bouche ardente prend la relève. Ouverte à l’hypothèse. Serrerai-je
ta nuque ? Définitivement. T’obligeant au mouvement irrésistible de
mon ventre. Jusqu’à l’abandon. Satiété. Rémission. Relais du plaisir
escompté. Et toi spectatrice de mes soupirs de ton œil complice et exigeant. Tes
mains entre tes cuisses.
Au-dessus de moi. Ligne mélodique de ta
jouissance renaissante. Promesse de
ton fil de trame intime. Fleur
délicate entre mes doigts.

Stase.

v.l., 1993-2004.

À C., par souvenir obstiné.

Illustration : Arpad Safranek, Anja, sculpture en albâtre.

Publié initalement dans les pages ‘Poète, nos papiers !’ du site sous le clavier, la page, en 2004.

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