LA PAGE DE TAREK ESSAKER

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Tarek Essaker -Ziad Ben Youssef - les Cheminants

 

EN COURS DE TRADUCTION EN ARABE | LES CHEMINANTS – السّالكون | LE CHEVAL DE MAHMOUD ET MOI – أنا وحصان محمود | par Ziad Ben Youssef


LES EXTRAITS D'OCTOBRE | Les 14 et 15 octobre 2019, Tarek me 'dictait' à distance, et avec une sorte d'urgence et de nécessité, un ensemble d'extraits de ses écrits. Je les publie ici avec la même nécessité et la même urgence. | Vincent Lefèvre.  

DANS LA RUE | VIE ET MORT, poème en arabe | de et par Tarek Essaker | Liège | 23/10/2018 | Prise de son de Adil Jamal  

AUDIO / VIDÉO | LE TESTAMENT | Texte de Tarek Essaker | Lecture et illustrations par Christiane Mutshimuana | Diffusion par YouTube | 2017 | Extrait de la trilogie inédite LE TESTAMENT DU PENDU | 9:30   

À mon ami Ouled Ahmed,

Les vivants ainsi que les morts s’éloignent des rivages, nagent par delà les horizons connus. Tu es dans le grand large du savoir, de la poésie, puissent les vivants avoir un avant-goût de ta plénitude, de ta sérénité, de l’amour que tu portes au large des mots. Fumons une cigarette ensemble, frangin, comme bon nous semble, et comme au bon vieux temps, à Gafsa, Tunis, avec Darwich, ou en Belgique et ailleurs.

Tu ne mourras pas puisque tu existes. Peu bavard, tes mots m’indiquent où je dois m’abstenir ; nous connaissions très peu de l’art de la guerre et de la mort ; et je les aime tant nos conseillères paresseuses.

Tu as écrit et tu écriras sur ta terre natale ce que nos avions chuchoté en terre étrangère, ce qui fait poésie. Ce sont les anges qui jouent du Bach, et sans doute dans un livre très grave comme tu sais bien les écrire, tes poèmes, certes parfois un peu injustes (faisons un peu d’humour), balbutient des nouveaux-nés. Prouver, c’est un désir de savant…

Cher ami et ami encore, un petit poème découvert la nuit, tombé d’un arbre d’un jardin de vin, filé de mains de fées (à devenir un feu couleur de colère et de groseille). Aujourd’hui, j’apprends à ne plus prendre note, et, petit à petit, que la bêtise sait flairer les bonnes affaires…

Je te dis, mon cher complice : “Qu’est ce qui nous met au monde, ou plutôt nous y remet, puisque nous sommes enclins à le quitter sans arrêt ?” Et ainsi je te pense vivant. Il y a pour aller chez toi ce chemin que je connais malgré notre absence.”

Tarek Essaker

LETTRE OUVERTE À OULED AHMED [2016] | Peu avant son décès, début 2016, Ouled Ahmed publiait sur les réseaux sociaux et dans son journal la lettre ouverte que venait de lui adresser Tarek, accompagnée d'une double photo. Nous publions ici ces deux documents à la mémoire du poète disparu. | Wikipédia :  ☞ Mohamed Sghaïer Ouled Ahmed.  




AUDIO | ☞ TAREK ESSAKER ET SAMIR MOHELLEBI | Lectures de  Meryem Essaker, Monique Ghysens et Adil en invité | Tarek glane les mots les mange, les fait tourner dans sa bouche, les sue aussi par ses pores de Tarek, et Samir joue d'accords | Liège | 25 octobre 2015 | Durée 55:17 [enregistrement à mi-page]

VOISINAGES | DE PIVOINE ET DE CHARDON | Ils ont édifié des murs pour célébrer à la fois leurs victoire, leurs blessures dans les nuages et leurs défaites sous l'étrivière du temps. Ils sont de ceux qui ont peur de leurs propres ombres ainsi que de leurs oublis, disait une vieille édentée… | Ce vieux texte croisé [2010] retrouvé, un peu par hasard, chez l'amie Noëlle Combet. | Et également au même lieu, toujours en 2010, établi en excellente compagnie : ☞ PLURIELLE, LA POÉSIE AVEC NERVAL, CHAR, CELAN, HÖLDERLIN, RILKE, T. ESSAKER et A. BÉGUIN, ANNIE LE BRUN, G.D. HÜBERMAN… | Et encore ☞ CECI… | … Et toujours ☞ CELA … [Merci Noëlle]

RADIO | Émission de ☞ RADIO ZINZINE | À l'occasion de la publication des CHEMINANTS de Tarek Essaker | Interventions de Tarek Essaker et Norma la Sorcière, productrice et animatrice | Printemps 2006 | Durée 1:06:50 | ☞ À DÉCOUVRIR également un autre entretien sur YouTube

PROFIL[S] | CHEMIN[S] | ŒUVRE[S]

PARCOURS [VINCENT LEFÈVRE]

Tarek Essaker est né le 16 février 1958 à Gafsa, au seuil du désert tunisien.

Du cinéma amateur militant au théâtre – de lui, on donne une première pièce, L’Errant الشريد, qui fut primée, alors qu’il n’a encore que dix-sept ans – et à la poésie, il choisit d’écouter les voix ataviques et solitaires qui l’habitent.

Ses nombreuses sources d’inspiration – il n’est pour autant le disciple d’aucun – alimentées à la diversité culturelle d’un continent qui de tout temps sut chercher très en profondeur de quoi orner son imaginaire, l’instituent mémorialiste des racines secrètes d’un peuple nomade et condamné – consentant – à un exil intérieur qui s’interdit toute réconciliation. Ses nombreuses sources d’inspiration – il n’est pour autant le disciple d’aucun – alimentées à la diversité culturelle d’un continent qui de tout temps sut chercher très en profondeur de quoi orner son imaginaire, l’instituent mémorialiste des racines secrètes d’un peuple nomade et condamné – consentant – à un exil intérieur qui s’interdit toute réconciliation.

Aujourd’hui, son travail acharné sur les marges de l’écriture et de la dramaturgie fait que, définitivement sans doute, malgré un savoir-faire minutieux, l’errance demeure sa loi et l’insoumission, son projet.

 | EN TOUTE LETTRE ET EN TOUTE MARGE DE MON ÉCRITURE | TAREK ESSAKER | EN TOUTE LETTRE…    

L’ÉCRITURE [TAREK ESSAKER]

Les thèmes majeurs y perdurent : l’absence/présence, l’exil/errance, dieu/vie et mort, la mise à nu de la fragilité du mystère et de sa tragédie.

Nommer l’innommable, l’étrange et sanglante ambiguïté d’être. Une blessure voilée dans son désir d’éternité.

Destinés à demeurer énigme, voués à l’énigme, nous errerons dans les cimes de l’inconnu et du mystère. Notre parcours demeure une inclinaison*, un paysage où se creuse la tragédie.

Vient nous habiter alors l’écriture, miroir où le récit prend l’aspect d’un adieu à la création entière, une écriture/lecture qui égale son mystère et sa riche étrangeté.

Lieu d’exil, lieu d’errance, lieu de retraite et de cri, d’interrogation et de combat où se blottit l’homme.

L’écriture, pour moi, est un regard réinventé avant d’être né.

Tangibles souvenirs, réalités légendaires, terre, mer, femme, champignons, formes et hommes, tous repris dans l’inquiétude et l’espoir d’être, sculptant une énigme née d’hier, du présent, du futur à-venir, pour se réaliser : écriture.

Lieu où se condensent les interrogations, pour mourir re-naître, où se pensent les créations, où se trament les tragédies, où se cisèle le temps.

* Oui, il faut bien lire inclinaison, une forme de l’oblicité qui revient souvent dans cette écriture ! [V.L.]

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