ÉPHÉMÈRES+ [TAREK ESSAKER]

ÉPHÈMÈRES+ | Au fil des jours, des 'petits textes' publiés en exergue de LA PAGE DE TAREK. Les dates sont celles de publication.  
… Il est difficile de respirer sous ces flots de haine 
comme grêle sous les cieux 
– puisque c'est bien le moment de reprendre souffle – 
dans un brouillard pensé, au bout des crépuscules, 
les distances liées en fagot 
et les légendaires poussées des ignorances. 
L'idée du voyage hors la peste et l'éventualité de l'adieu 
narrent les hirondelles… 

26/05/20


… Ce sont les bruits de la nuit, du plus sourd de la terre,
rien ne trouble une meute des bêtes-à-feu sauvage
en moi lâchée dans la brousse de l'être.
Le cœur en paille et chapeau de soie,
comme une barque ivre sans rameurs,
semble ne tenir qu'à un fracas de vie… 

13/04/19


Vois écoute entends tâtonne crie
Comment se peut-il que nos ouïe goût et voix soient troublés ?
Pour que s'y mêlent surbrodées haletantes
des poussiéreuses vies
dans un jaillssement toujours recommencé 

7/04/20


Les mots, la musique sont quelquefois ce rien 
qu'on ne mesure, simplement rêve qui se retranche 
dans l'invisible brûlant des terres. 
Si c'était quelque chose entre les choses, 
une herbe sans plus penser par ses lèvres 
de plus en plus précieuses. 
Ce simple risque, pas même ailleurs que soi, 
s'accorde et altère, tellement affiné, à guérir la mort 
comme un excès de tout ce qu'on aura vu depuis l'enfance. 

22/03/20 [publié initialement le 22/03/10]


Quelque chose vient à tout instant se jouer de nous 
comme l'exubérante floraison de la vie 
comme de la mort, ces derniers jours… ! 
Impudemment silence et radieuse beauté. 

19/03/20
 

Dans les combes, un oiseau et son mûrier, 
leurs murmures m'ont poussé à chercher plus loin la démesure,
la douce et intranquille migration des êtres, 
les voiles des bateaux à jamais arrimés. 
 
Je ne souhaite pas d'autres repos que celui des lieux errants, 
à jamais sans mesures, 
y dormirait le rien par pluie et ferveur 
à l'abri de la raison savante.

17/03/20


Ô terre si terre 
Allons sur les songes qui dament les fers 
un troupeau foule folle frivole virvoltante 
énonce cyclones laves et morts 
dépouille la vie et la mort et blesse 
La terre rampe 
Ô mer si mer 
Les Hommes essaiment et énoncent les peurs le feu le sang 
C'est un dieu médiocre le même votif 
éclôt bagnard 
Un batârd s'est créé le monde 
Quel dieu t'a donc créé pour dépouiller la vie de toute liberté ? 
Et qui de sa mémoire laurée nous donne vergogne et boueuse eau ? 
Alors que les nuits comme les jours nous chuchotent à la main d'effleurer 
l'en allée comme la terreur
d'un naufrage d'un fond de cale 

De la présence au monde

13/03/20


Des mains comme quand on parle à l'hiver
et tant de nuit contre-nuit 
pour les mimosas

23/02/20


À Ziad, en exergue de Voici le baiser de l'enfance, à paraître.

 Voici le baiser de l’enfance 
 Entre deux visages et deux seins 
 Entre deux sourires et une main 
 Ouverte et tendue 
 Voici le baiser de l’enfance 
 Entre le féminin d’une lune 
 Et la prière d’un arbre 
 À l’adresse de la splendeur

20/02/20


1 - Nous périrons de lumineux ravages 
2 - Tels que nous sommes 
3 - Sous peu nous aurons un présent  
4 - Nous serons sous les mûriers 
5 - Plus beau qu'avant l'automne 
6 - L'ivresse d'avoir bu à ton rire 
7 - Tout ce qu'on aura vu depuis l'enfance 
8 - Dire encore sous les mûriers 
9 - Comme un simple coup de vent  
10 - Comment l'aimer encore ? 

Titres de chapitres d'un livre à paraître, Voici le baiser de l'enfance.

10/01/20 


À peine plus doux 
L'hérétique sommeil  

31/11/19


Quand je rencontre un visage aussi anonyme soit-il 
J'éprouve à son égard une reconnaissance profonde 
Je le considère gravement, avec tendresse 
Comme considérait aussi gravement 
Le mûrier mon impatience 
Mon trouble semble commandé par tout 
L'énigme humaine 
Et le mûrier 
Mystère vivant, léger, habile, rusé, se fait 
Passeur de vent 

22/11/19


Nous avons bu 
Le silence tout près 
Sous les amandiers 
Nous habitions 
L'enfance 

21/11/19


La lune se glisse de sous ta pudeur  
La nuit est pleine de maladresses  
N'est-il pas vrai ?  
Qu'au petit jour, sur le mûrier  
La légèreté est cette mélancolie  
Où les diables dansent avec ton rêve 
Ô cynique innocent 

Et les oiseaux se posent puis 
S'envolent vers nos précoces chagrins d'enfants  
Le mûrier en contrebas garde 
En ses chevelures anciennes  
Mon silence et le sien  
Tout en murmures les feuilles narrent 
Les interdits qui m'importent  


20/11/19


S'il nous faut suivre Agar (Hajer) 
Alors qu'on éteigne les bougies de l'aube 
Qu'on ouvre nos bouches au soleil et 
Qu'on traîne chaque promesse 
Au bout d'une corde. 

18/11/19


Quand on s'y laisse prendre à la contribution d'une vérité unique, 
l'autre, ce je qui se trouve dépouillé de son altérité 
Alors, il ne me reste qu'à cheminer en mon absence à moi-même 

17/11/19


La nuit vient avec ses douces et 
Lentes respirations 
Entends-tu ? 
Les ombres chantent pour toi 
Étincellent se posent se dispersent 
Tu es au collier aux feuilles mortes Comme 
Aux crépuscules ivres 

14/11/19


Passe tes petits insignifiants chemins 
Dans l'ombre comme dans la lumière 
Et souviens-toi 
Sans te voir 
Que ton corps 
Est lumineux 

11/11/19


À l'heure la plus sombre 
D'autres murs terrifient 
Égrène, mon amour 
Ta distance 
Les pierres s'en viennent 
S'en vont 
Mais ton rire 
Jamais 

11/11/19


Aller en vivre transformé, cela suppose l'inachèvement, 
de l'incertitude qui préservent de tout aboutissement. 
Soyons irrésolus, affamés d'errance et d'altérité. 
Rêvons. 

08/11/19


Cordeau 
Ouvert à son désordre 
Soulevé au lieu rêvé 

05/11/19


Ô nuit si nuit il y a  
Sois incendie  
Qui prolifère 
Aveugle fugace 
Et se fait multiple 

05/11/19 


Cauchemar et réveil arraché à la nuit noire. 
Un cri réprimandé au fond de ses entrailles comme une longue marche 
vers on ne sait quoi de furieux. 
Il est silencieux. 
C'est à des roseaux de souvenir qu'il se heurte, 
le mouvement de la mer touche à ce qui le tourmente, l'affecte, le touche 
et cogne de sous son corps, 
devenu surface mince qui a tant effleuré ce qui dérive, 
il inscrit, nuance, tombe, garde, ce qui continue à fuir, à s'exiler, à entendre, 
dialogue de l'autre coté de la nuit. 

04/11/19


Les mains fileuses de 
La nuit se jouent de nos silences 
D'ombre 
Il nous est indispensable d'oublier…  

03/11/19


Que peut-il bien se passer de si extraordinaire ? 
Puisqu'il n'est rien que je regrette  
De tout en haut du mûrier  
Je ne serai rien ou qu'une trace 

01/11/19


La nuit darde  
Comme les pas de ce cœur vers  
Son silence glacé  

30/10/19 

 
Le cri de l'eau 
Au sillage de la barque basse 
Gravissait la lumière 
La plus nue
VieIllisante 
Où le vent s'effile 

28/10/19 


La lumière s'automne  
Les feuilles, si frileuses, si farouches  
Se posent à peine  
Seul le vent demeure un instant  
Visible… 

27/10/19 


Ainsi, mille et mille fois, j'ai fait le tour de l'écriture. 
Tout, sauf une rue ou plutôt un fragment de rue ou de poème. 
Plantureuse qui contemple son amant le fleuve Meuse… 

26/10/19

De sable et de lumière
LA PAGE DE TAREK
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