ÉPHÉMÈRES+ [TAREK ESSAKER]

ÉPHÈMÈRES+ … AU FIL DES JOURS… | Des 'petits (bouts de) textes' impromptus, publiés en exergue de LA PAGE DE TAREK. | Les dates sont celles de publication.  

 

 

 

 

Plus bref, plus bref encore,
jusqu’à ce qu’il ne subsiste qu’une présence
par laquelle tout est dit ou pensé.
On ne sait rien, somme toute.

 

14/07/21


Il serait beau qu’un son de musique
le bruit d’un sable vagabond
le chuchotement d’une passion
la colère d’une rébellion
le hasard d’une ivresse
les choses du monde et nos déraisons
soient les derniers éclats de nos vies

 

 

 

 

Traduction de Ziad Ben Youssef, avec nos remerciements. Paru initialement le 30/12/20.


29/06/21


On butine à la vie comme on butine à nos pas et à nos gestes. Chacun.e son histoire mais nous tissons un commun qui nous réalise et que nous réalisons comme des histoires et faits qui s’entretissent et cheminent. À y regarder, avec lenteur et hasard, chaque souffle, chaque battement d’aile ou chaque cri comme chaque silence a son dialecte pommelé et tente, comme à chaque joie ou tristesse, de reprendre vie, de rendre un rien vivable au sein de ce chaos bien répandu. ‘De l’idée d’être’, extrait.

20/05/21


La nuit vient
En fille de sel 
Aux tresses de foudre
Brèche accoudée au vent
Des colères à la chaux
Blanche
Silencieuses

11/05/21


Avant qu’une croyance
ne froisse sa beauté
Cette lumière étrangère
au cœur d’une somnolence…

26/04/21


 

N’est ce pas l’irrévocable
l’inéluctable idée des solitudes
comme celle des passions

19/04/21


Nous avons de la mort ce qui nous suffit

Disait Amou

10/04/21


Un si long temps tu fus d’exil
Il y va de la terre du coton comme il y va des chants dédiés aux promesses
Cueillons l’ailleurs
L’étranger 
L’autre l’errant
Saluons les yeux et les mains qui nombrent
Plus nus 
Plus fragiles
Saluons des pas de silence et d’oubli
À tes pieds brûlés

4/04/21


Le sel des terres noires
est le royaume de ma main
Il dépouille le vent de son midi
Imprudemment silence
Et radieuse
Beauté

28/02/21 [nouvelle version]


Le sel des terres noires et profondes
est le royaume de mes mains.
Il recouvre les songes, dépouille le vent de son midi
et cisèle l’enfant de son silence.
J’ai vu de l’or dans la boue des visages en corde de nuit.
La hauteur cède au léger où nous déparlons.
Comme on enroule un mot dans les pollens du feu.

27/03/21 [ancienne version]


En ce noir de la terre profonde
Et ce bleu de la mer
Dorment les germinations de l’insoumission
Comme de l’insurrection
En vigoureuse et belle contagion

22/03/21


Quelque chose vient à tout instant
se jouer de nous
comme l’exubérante floraison de la vie
comme de la mort
ces derniers jours

Imprudemment
silence et radieuse beauté

19/03/21


Je contemple le vin, dans un verre de Bohême,
avant de le goûter.
Sa couleur est légère comme les noms secrets des abeilles.
Sa présence est comparable à celle d’un silence
de quelques lèvres gorgées. Légères de mystères.
Je n’ai ni à être en avance ni à l’heure ni en retard.
Cela briserait mon silence et mes errances.

8/02/21


On voudrait creuser plus loin.
Franchir au loin
ce qui semble interrompu en nous,
meurtri.
Veiller à grandir, à réaliser la mue là
où la peur comme l’incertain et l’inconnu
nous gagnent.

Promenade

25/01/21


Cet impensable qui
esseulé, grimpe
au risque du sable
et des vents…

20/01/21


… Ce jour est blanc nomade comme des cristaux translucides
qui laissent entrevoir des éclats de lumière…
Lumière enflammée… jumelle de ses nuages proches…
pourvu qu’elle dure…
que nous puissions rêver… ici et maintenant…
les regards tissés au vent…
Elle brûle à nos visages…
de sous les commissures de nos fatigues…
et assure que nous sommes de ce jour…

le 14 janvier 2011, jour du départ du dictateur Ben Ali.

14/01/21


Il serait beau qu’un son de musique
le bruit d’un sable vagabond
le chuchotement d’une passion
la colère d’une rébellion
le hasard d’une ivresse
les choses du monde et nos déraisons
soient les derniers éclats de nos vies

30/12/20


Le ciel bas offre une aumône d’ombre
Quand l’unique mot se tait
Comme se referme la dernière porte d’automne 

13/12/20


Viennent à mon secours
les cris des oiseaux migrateurs
haut dans le ciel
en vol
ballet
en prélude à de longs voyages
et dans de jolies parades

8/11/20


Aussi énigme qu’un instant fulgurant d’aube
Le silence est une langue
On y écoute perler le cœur

5/11/20


Print Friendly, PDF & Email

1 réflexion au sujet de « ÉPHÉMÈRES+ [TAREK ESSAKER] »

  1. [Viennent à mon secours  / les cris des oiseaux migrateurs… 8/11/20]

    Nous sommes toujours pensifs de voir ces vols d’oiseaux migrateurs, ils évoquent certainement une interrogation, une admiration ? pour tous les exilés.

    Répondre

Un commentaire, c'est sympa pour l'auteur.e … et c'est toute la vie du blogue ! D'avance, merci du vôtre.

EXCENTRIC-NEWS | Consultez la POLITIQUE DE CONFIDENTIALITÉ et LE PORTAIL, MODE D'EMPLOI

EXCENTRIC-NEWS