ÉPHÉMÈRES+ [TAREK ESSAKER]

Ô terre si terre
Allons sur les songes qui dament les fers
un troupeau foule folle frivole virvoltante
énonce cyclones laves et morts
dépouille la vie et la mort et blesse
La terre rampe
Ô mer si mer
Les Hommes essaiment et énoncent les peurs le feu le sang
C’est un dieu médiocre le même votif
éclôt bagnard
Un batârd s’est créé le monde
Quel dieu t’a donc créé pour dépouiller la vie de toute liberté ?
Et qui de sa mémoire laurée nous donne vergogne et boueuse eau ?
Alors que les nuits comme les jours nous chuchotent à la main d’effleurer
l’en allée comme la terreur
d’un naufrage d’un fond de cale

De la présence au monde

13/03/20


Des mains comme quand on parle à l’hiver
et tant de nuit contre-nuit
pour les mimosas

23/02/20


À Ziad, en exergue de Voici le baiser de l’enfance, à paraître.

Voici le baiser de l’enfance
Entre deux visages et deux seins
Entre deux sourires et une main
Ouverte et tendue
Voici le baiser de l’enfance
Entre le féminin d’une lune
Et la prière d’un arbre
À l’adresse de la splendeur

20/02/20


1 – Nous périrons de lumineux ravages
2 – Tels que nous sommes
3 – Sous peu nous aurons un présent
4 – Nous serons sous les mûriers
5 – Plus beau qu’avant l’automne
6 – L’ivresse d’avoir bu à ton rire
7 – Tout ce qu’on aura vu depuis l’enfance
8 – Dire encore sous les mûriers
9 – Comme un simple coup de vent
10 – Comment l’aimer encore ?

Titres de chapitres d’un livre à paraître, Voici le baiser de l’enfance.

10/01/20


À peine plus doux
L’hérétique sommeil

31/11/19


Quand je rencontre un visage aussi anonyme soit-il
J’éprouve à son égard une reconnaissance profonde
Je le considère gravement, avec tendresse
Comme considérait aussi gravement
Le mûrier mon impatience
Mon trouble semble commandé par tout
L’énigme humaine
Et le mûrier
Mystère vivant, léger, habile, rusé, se fait
Passeur de vent

22/11/19


Nous avons bu
Le silence tout près
Sous les amandiers
Nous habitions
L’enfance

21/11/19


La lune se glisse de sous ta pudeur
La nuit est pleine de maladresses
N’est-il pas vrai ?
Qu’au petit jour, sur le mûrier
La légèreté est cette mélancolie
Où les diables dansent avec ton rêve
Ô cynique innocent

Et les oiseaux se posent puis
S’envolent vers nos précoces chagrins d’enfants
Le mûrier en contrebas garde
En ses chevelures anciennes
Mon silence et le sien
Tout en murmures les feuilles narrent
Les interdits qui m’importent

20/11/19


S’il nous faut suivre Agar (Hajer)
Alors qu’on éteigne les bougies de l’aube
Qu’on ouvre nos bouches au soleil et
Qu’on traîne chaque promesse
Au bout d’une corde.

18/11/19


Quand on s’y laisse prendre à la contribution d’une vérité unique,
l’autre, ce je qui se trouve dépouillé de son altérité
Alors, il ne me reste qu’à cheminer en mon absence à moi-même

17/11/19


La nuit vient avec ses douces et
Lentes respirations
Entends-tu ?
Les ombres chantent pour toi
Étincellent se posent se dispersent
Tu es au collier aux feuilles mortes Comme
Aux crépuscules ivres

14/11/19


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1 réflexion au sujet de « ÉPHÉMÈRES+ [TAREK ESSAKER] »

  1. [Viennent à mon secours  / les cris des oiseaux migrateurs… 8/11/20]

    Nous sommes toujours pensifs de voir ces vols d’oiseaux migrateurs, ils évoquent certainement une interrogation, une admiration ? pour tous les exilés.

    Répondre

Un commentaire, c'est sympa pour l'auteur.e … et c'est toute la vie du blogue ! D'avance, merci du vôtre.

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