LA PREUVE PAR EUX [ABOU NOUWAS]

 

 

On disait du poète Abou Nouwas (ca 750-814) — cousin probablement, de quelque manière, de notre François Villon — qu’il était licencieux, porté sur l’alcool, les femmes — notamment celles des autres —, voire aussi, qui plus est, homosexuel. Et encore fourbe, voleur et mécréant. Il n’en était pas moins l’ami des princes et l’on prisait sa compagnie.

Les gens, ô mon ami, nous accusent de choses qui nous sont inconnues, et disent de nous tout le mal qu’ils peuvent. 

Viens, ami, Soyons assez généreux pour donner raison à nos ennemis, et puisqu’ils nous soupçonnent de cela, faisons-le au moins une fois ! 

Puis nous nous repentirons si tu le veux. Viens, ami docile, travailler à libérer la conscience de nos accusateurs.*

Telle fut sa réponse.

* Traduction du Dr J. C. Mardrus, Le Livre des Mille et Une Nuits (16 vol.), Paris, 1904.

Illustration : Wikipédia
 

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