LA ROUE [WILLIAM BLAKE]

Et ils changèrent en arts de mort tous les arts de la vie.
Le sablier, trop simple de façon, comparable
À ce que le laboureur fabrique, fut méprisé, et la roue hydraulique
Qui monte l’eau des Citernes, brisée et mise au feu,
Parce que l’ouvrage ressemblait à celui du berger,
Et, à la place, ils inventèrent des rouages compliqués, des Roues agencées à des roues
Pour dérouter la jeunesse dans leur fonctionnement et lier à des tâches
Jour et nuit les myriades de l’Éternité, afin qu’elles liment
Et polissent l’airain et le fer heure après heure, pénible tâche,
Maintenues dans l’ignorance de leur usage, afin qu’elles passent les jours de la sagesse
À besogner péniblement pour une maigre pitance de pain,
Et que, ne voyant qu’une partie, elles croient que c’est le Tout.

William Blake, Vala ou les quatre vivants, Aubier-Flammarion, Paris, 1983.

 Avec la complicité de Umberto Eco, dir. Histoire de la beauté, Flammarion, Paris, 2004.

Nona, merci, vraiment.

Photo : Lewis Hine, Powerhouse Mechanic, 1920.

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