LE JOUR NUL D’UNE FEMME DE CHAMBRE

Maid Making Bed

 

L’hôtel de tourisme avec, à demeure, ses femmes de chambre maghrébines ou venues des pays de l’Est — croisées quotidiennement, fumant une cigarette sur le trottoir, un peu à l’écart de l’entrée, ou encore à la caisse du supermarché voisin, sandwich et boisson à la main. Ici, pas de Blacks, employées par une société de services et circulant d’un hôtel à l’autre. Non, un employeur bien classique pour qui il s’agit, bien sûr, de toujours être occupée. Les voici donc, à l’occasion, mes femmes de chambres prodiguant leurs soins à des jardinières de lierres qui ornementent les fenêtres et s’avèrent, au fil du temps, devenir de plus en plus prospères.

Au premier étage, depuis plusieurs semaines déjà, des travaux de réfection de chambres — moderniser, s’adapter aux normes, loger dans un même espace un maximum de touristes selon l’exigence des voyagistes —, et l’on découvre alors les ouvriers venus, eux aussi, d’ailleurs, passant une part de leur temps accoudés à la fenêtre, à téléphoner, à fumer, à discuter…, tout cela, bien sûr, au détriment des malheureuses plantes qui s’en trouvent exagérément fatiguées et élimées.

Enfin, l’aménagement se termine. Remise en ordre. Les femmes de chambre, comme il se doit, nettoient et ordonnent. L’une d’entre elles s’évertue même à redonner un petit air de fraîcheur à la végétation exténuée de la fenêtre, et en extrait alors — le compte en serait aisé ! — par dizaines, par centaines peut-être, les mégots accumulés-là, au fil des jours, soit distraitement enfilés dans le feuillage, soit sommairement enterrés dans la jardinière elle-même. Il va sans dire que ladite fenêtre se trouve à l’aplomb même de l’entrée de l’hôtel.

[À ces femmes-là.]

3 réflexions au sujet de “LE JOUR NUL D’UNE FEMME DE CHAMBRE”

  1. Je sais que le mot “saynètes” est particulier; je l’entends comme “scénettes”…petites scènes, petits tableaux parisiens.
    Mais le mot scénette n’a pas acquis ses lettres de noblesse. Dommage!
    Les “coquilles” ne sont pas impardonnables; elles permettent les ratures littéraires, autrement dit, la litte-rature.

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