LE QUATRIÈME TEMPS

Passé le prime temps où, anarchique et brouillon, son désir éperdu pourchassait, insaisissablement, sa propre ombre et les reflets des élans de ses passions, il se fit une secrète philosophie, une intime fierté, de penser que la nécessité de son être ne se réalisait pleinement que dans ce qu’il nommait, à l’époque, ‘l’amour des femmes’ — ses quêtes et conquêtes se paraient alors des chatoiements de ses enthousiasmes et désespoirs. Ensuite, vint l’heure, horloge sans cadran, où, d’autre manière, il pensa qu’il lui fallait s’attacher à ce troisième temps, celui où son inaltérable solitude pouvait enfin s’accorder à ‘la tendresse des femmes’ ; il n’en fut pas plus heureux, moins désespéré, mais son silencieux et insulaire désert se peuplait d’effluves mouvants de parfums épicés et enveloppants portés par de discrètes et océanes présences. Il tendait les bras au vent et attendait le quatrième temps.

Illustration : Salvador Dali, Montres molles.

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