L’ESTHÉTIQUE DU SILENCE [HE QING]

SILENCE COSMIQUE

Des canards sauvages s’éloignent sans voix
Des roseaux vieillis expirent dans le froid
De colline en colline, un petit vent passe —
Chute et vol immense des feuilles des bois…
 
Aux crêtes des bambous le crêpe de nuit se tisse
A l’infini règne un calme de délice…
Une grande lune glisse sous les flots de nuages
Un petit lac dort froid sur son rêve lisse…
 
He Qing, Hangzhou et Paris, 1984/1987.
 
Douze notions esthétiques s’articulant autour du silence
dans l’esthétique de la Chine classique, selon He Qing.

Plutôt que de développer une longue analyse de tel peintre ou de telle peinture, les esthéticiens chinois ont coutume de tout résumer en quatre, deux, même un seul mot. Ils y impriment des acceptions extrêmement condensées, synthétiques ou synesthésiques, et en même temps, extrêmement indécises, vagues et souples. Ce sont des notions à la fois concrètes et très abstraites, sensorielles et spirituelles. Toujours, la pensée chinoise appréhende les choses abstraites à partir des expériences très concrètes. (Ceci explique aussi le symbolisme extraordinairement développé et riche de la pensée chinoise).

 

He Qing, Images du silence : Pensée et art chinois, L’Harmattan, 1999.

L’art de la cithare Qin, Dai Xiaolian
Liushui, Eaux qui coulent
 
 

1 réflexion au sujet de “L’ESTHÉTIQUE DU SILENCE [HE QING]”

  1. Venant de “Jeux d’encre” et “L’homme s’écrit en majuscule” et également à travers le “haïku” on comprend bien cette culture chinoise, cette “hyper-précision”, cette grande sensibilité, et, à l’écoute de la cithare, oui, les eaux coulent et j’étais curieusement à Bali, au théâtre des marionnettes, et plus particulièrement au théâtre sur l’eau, spectacle extraordinaire et curieux pour des occidentaux.

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