LIZARD / LÉZARD [D.H. LAWRENCE]

A lizard ran out on a rock and looked up, listening
no doubt to the sounding of the spheres.
And what a dandy fellow ! the right toss of a chin for you
and swirl of a tail !

If men were as much men as lizards are lizards
they’d be worth looking at.

 

Un lézard courait sur un rocher, soudain il releva la tête écoutant 
sans nul doute l’harmonie des sphères.
Quel dandy ! admirez le mouvement fier du menton
et l’arabesque de la queue ! 

Si les hommes étaient aussi hommes que les lézards sont lézards 
ça vaudrait la peine qu’on les regarde. 

 

D.H. Lawrence, Lizard, Pansies / Pensées,
Traduit de l’anglais par Lorand Gaspar et Sarah Clair,
Orphée / La Différence, Paris, 1989.

5 réflexions au sujet de “LIZARD / LÉZARD [D.H. LAWRENCE]”

  1. J’ai eu l’impertinence, ayant tout d’abord pleinement apprécié ce poème avec l’élan qui me porte et vers D.H.Lawrence et vers les lézards, l’impertinence donc, de lire en remplaçant, par devers moi, lézard par lézarde…avec les modifications d’images et de sémantique que cela entraîne !!!

  2. Cela m’a fait rechercher ce poème que j’avais écrit en 2008, que je juge aujourd’hui un peu trop “chargé” affectivement, à part peut-être les dernières lignes.

    J’en apprécie d’autant plus la concision de Hugo Mujica.

  3. Je m’aperçois que j’ai omis de retranscrire ce mien poème que j’évoquais et que voici :

    Tranchées

    Lézarde
    en plein corps
    de la vie,
    tantôt défaille,
    faille,
    blessure,
    césure.
    Les lèvres s’écartent
    ravivant
    La couleur pourpre.
    Entaille
    existentielle
    cisaille
    Le temps,
    tranche
    Dans le vif,
    et
    vaille que vaille,
    reviennent
    Les prémices,
    abeilles
    en fleurs,
    bouquets de laines soyeuses
    empruntés aux brebis.
    Pétales de neige amarante
    recouvrent les crevasses,
    lèvres rejointes
    de la terre un temps déroutée
    tandis que se délivrerait
    l’oubli
    d’une lézarde endormie
    contre le mur ancien,
    bergeronnettes et rouges queues,
    parfum bleu-bruissant
    Du romarin.

    N.C.

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