LOMER [RICHARD DESJARDINS]

‘Fils spirituel de Léo Ferré et de Leonard Cohen’, ainsi le qualifiait un journaliste de Libération, et ce n’est pas un mince hommage rendu à ce Québécois, venu du rock pour arriver – mais est-ce arriver ? – à la chanson dite française, dans un style inimitable. Voici un aperçu, qui me semble significatif, du talent de Richard Desjardins, chanteur d’amours et de blessures, guitariste et pianiste hors pair – le directeur du festival de piano (classique) de La Roche d’Anthéron aurait aimé l’inviter, disait-il ! Talents multiples, puisque s’adjoint, à celui de musicien, cet autre de vidéaste exigeant, engagé dans la défense de son pays du Nord, un empêcheur de

déforester en rond, entre autres, dont le documentaire ‘L’erreur boréale’ fit un beau scandale au Québec.

Mais Desjardins est aussi, surtout, un poète de la chanson, de la veine des Félix Leclerc, Gilles Vigneault…, qui, à la manière de Ferré, de Cohen, mais aussi de Villon et des troubadours d’antan, sait dire les amours douloureusement meurtris et l’injustice du monde et des hommes. Ainsi comment, comme ici, sans provocation ni complaisance, chanter l’homosexualité et sa sordide répression, ou, tout simplement, la différence ?

Carcassonne, 1460…

Lomer

par Richard Desjardins | Boom Boom | Montréal | 1998

 

Adieu mon frère, adieu ma sœur,
demain à l’aube les pieds nus,
j’irai dans les vastes noirceurs
d’où personne n’est revenu.
 
Adieu la Terre, tant si bonne,
qui tant d’eau froide m’a fait boire
Adieu Humains, qu’on me pardonne
si je ne laisse que mon histoire.
Je dédie cette page à l’ami Manuel, à Giovanna, sa compagne,
et à leur ‘Lisboa e Tejo e tudo…’
où, tout d’abord, j’ai pu découvrir, tracée au mur,
l’esquisse de ces paroles-là de la main de Desjardins,
passant par là…
À la mémoire du temps…, de ce temps-là.
… Et la mémoire de Manuel qui s’est absenté définitivement
en cette fin de mai de l’an de Grâce 2021.

3 réflexions au sujet de “LOMER [RICHARD DESJARDINS]”

  1. … à le, mille fois, réécouter, quel beau texte, quelle belle interprétation, vibrant de cette belle et douleureuse humanité. Merci, Richard, que je ne connais pas, mais que j’aimerais connaître. Frère, certainement.

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  2. Magnifique texte, magnifique voix qui me rappelle ma période Félix Leclerc.

    Et quel cri poignant de résistance :

    “Je suis comme l’eau
    que jamais nul n’écrasera
    car toute bête garde sa peau”.

    Je suis souvent tentée par l’envie d’éditer sur mon blog certaines de vos musiques mais je ne sais si cela peut se faire, ni comment.

    En vous associant comme auteur peut-être ?

    Merci pour ce moment de pure émotion.

    Répondre

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