MARAUDE AU BOUT DES BLESSURES [TAREK ESSAKER]

De l’envie d’oublier jusque la confusion

En maraude
Est-ce une promenade
Du côté
Du temps ?

Les étourneaux savent
Ce que la peur doit
À la solitude

Les fleurs – l’hibiscus des marais consentent
À ce que le silence
Contribue à leur légende
Et
Comme le vent
Aide à leur fin

L’intranquillité connaît
Peu
De ce qu’un nuage
Doit à lui-même

Comme l’homme connaît
Peu
Des vertiges
De son corps

Étend ses voisinages
Et énonce ses puissances

Il en oublie ses pas
Et
Se nomme olive
Ou rivière

Qu’en est-il du sort
De l’olivier au cœur
De l’eau ?

Il ne connaît que peu
De ce qu’il saisit

Et récite
À bout de jour
À bout de nuit
À bout d’avoir trop
Vécu

Il récite la vie
Mais
Jamais la sienne

On cherche à lui cacher
Trop de clarté
Trop d’allure

D’un saule pleureur verdoyant
À toucher la berge

Décapité

Le matin meurt
Au matin de sa chaux
À être nommé

Elle était
Trop salée

À force de parole
De torah
D’évangile ou
De coran
Dis-tu
Ce qui ne peut ?

Celui désigné
Celui qui peut ou pourra

Meurt et meut
De la main de l’aube
A-t-on dit

Que de pas
Parmi meurtres
Parmi
Passé et lendemain
Ou présent

Parler alors semble
Mensonge

Comme le feu
Et le secret
De sa splendeur
On peut imaginer
L’aimé-e

Et le jour s’ennuie
De son éblouissement

Quel jour est plus nu
Que sa nuit ?

Quel cri plus déchirant
Que son exil ?

Aussi
Tout participe
D’une même rupture
D’une même blessure

Les sonorités des soleils
Les berges des langues
Les rives du ciel
Et
Le crissement
Des promesses non tenues

Sont le seuil
De ce
Qui habille
La misère comme la mort

Qu’on est-il de cette peur
Qui habite les blessures ?

Et
Qu’en est-il
Du poème
Qui
À chaque pas
Comme à chaque vie
Confisquée
Renouvelle son chemin
Propose pré
Et n’invite à rien ?

Il lui arrive
De compter le vent
Comme de compter
Les cigales
De son exil

Et qu’en est-il de l’envie
de survivre au crissement des blessures !

 

Tarek Essaker, le 5 janvier 2022.

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1 réflexion au sujet de « MARAUDE AU BOUT DES BLESSURES [TAREK ESSAKER] »

  1. Superbe, épure de l’essentiel, au fur et à mesure du temps la résonance poétique, l’écrit est davantage magnifiée d’éclats intérieurs, tout en fidélité aux valeurs, questionnements, doutes etc aux éléments constants qui caractérise ce style, cette pensée bien singulière, ce cheminement creusé, incessant… Une limpidité sans plus aucune limite qui donne sens, chapeau pour ces deux dernières publications de janvier !!

    Répondre

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