MON CORPS EST UNE CHEMINÉE / MA CHEMINÉE EST UN THÉÂTRE

 
 

Jeu du pastiche. Deux textes, l’un pastichant l’autre… Mais lequel ? Et qui est l’auteur de l’un ? l’auteur de l’autre. La petite palme à qui découvrira l’un ou l’autre des auteurs ; la grande à qui découvrira les deux ; la palme d’or à qui révèlera qui a pastiché qui… Et la canne pour le faussaire.

1.
Mon corps est une cheminée. Mon corps est un théâtre.
Moi, je suis le feu. Moi, je suis l’acteur.
Prends place devant l’âtre, ma cheminée est ton spectacle qui étourdira tes sens.
Tu aimes te régaler de flammes.
Les flammes sont ton harem de jeunes filles.
Ton corps, le ballet d’opéra.
Tu as pris place devant l’âtre.
Ma cheminée est ton théâtre.
Regarde-les batifoler devant toi de mieux en mieux.
C’est le moins que je te dois.
J’aurai assez brûlé tes doigts.
Je suis ton feu.
Je suis ce génie incandescent qui allume ta nuit
Jusqu’où le désir éclate dans une et de sublimes émotions.
Plus tu m’allumes, plus je brûle.
Je suis assoiffée, je suis affamée de toi.
Ranime ma flamme, éveille-moi de plus en plus.
Dompte ce ballet que tu te paies à petit feu.
Toi et la flamme, vous saurez vous entendre…
Vous vous ressemblez…
Dresseur de feu… Dompteur de braise…
Lorsque je serai au bout de ma faiblesse
Viens en moi… Éteins-moi…

2.
Ma cheminée est un théâtre
Où l’on ne joue qu’un seul auteur : le feu
J’ai pris ma place devant l’âtre
C’est un spectacle pour les vieux
J’adore me régaler de flammes
J’ai pris assez de bûches pour ça
C’est mon harem de jeunes femmes
Mon corps de ballet d’opéra
J’ai pris ma place devant l’âtre
Ma cheminée est un théâtre.

Regardez-les, les chaudes gamines
Batifoler à qui-mieux-mieux
Je leur sers des serments de vigne
Ça leur fait dresser les cheveux
C’est bien le moins que je leurs dois
Elles m’ont assez brûlé les doigts
Je deviens le metteur en scène
De ces flamencos fastueux
Parfois lascifs, jamais obscènes
Que je me paie à petit feu.

Le feu raconte des histoires
Illuminant la nuit des temps
Je connais tout le répertoire
De ce génie incandescent
Le feu est un vieux compagnon
Le plus ancien des minitels
Le cinéma de Cromagnon
Et la télé de Tautavel
Me voici parmi mes aïeux
Fauteuil d’orchestre au coin du feu.

Ma cheminée est un théâtre
Un vrai théâtre rouge et or
Pour vous plaire, il se met en quatre
Brûle les planches et les décors
Mais quoi ? J’ai dû fermer les yeux
Dans le bois de Trousse-Cerise
Le festin s’éteint peu à peu
De mon théâtre ne reste que
Des braises dans la poudre grise
Des braises dans la poudre grise

L’homme et la flamme savent s’entendre
Ils se ressemblent tant tous deux
Dresseurs de feu, laisseurs de cendres
feu le feu.

À S., la faussaire.

2 réflexions au sujet de “MON CORPS EST UNE CHEMINÉE / MA CHEMINÉE EST UN THÉÂTRE”

Un commentaire, c'est sympa pour l'auteur.e … et c'est toute la vie du blogue ! D'avance, merci du vôtre.

EXCENTRIC-NEWS | Consultez la POLITIQUE DE CONFIDENTIALITÉ et LE PORTAIL, MODE D'EMPLOI

EXCENTRIC-NEWS