PAR DELÀ ‘LE CHEMIN DE LA TRISTESSE’… [MOHAMED H. AKALAY]

Il n’y a pas si longtemps nous étions, Hakim, l’ami, et moi, occupés à traduire ses poésies et nouvelles, anciennes et récentes, jusqu’à, récente aussi, la ‘fracture’ fatale qui, l’absentant brutalement, autorise cependant l’œuvre, ‘son’ œuvre, à vivre encore, toujours, à vivre pour elle-même dans la mémoire de son auteur, autonome et plus que jamais porteuse de son plein sens. De ces traductions, dans la perspective qui est la nôtre ici, j’aimerais donner la première d’un recueil de poésies déjà ancien, 2002, ‘Ombre Nascoste’ [‘Ombres Cachées’]. Ce recueil publié en italien à Pérouse, portait en épigraphe ces vers de Bertold Brecht : ‘Gli uni stanno all’ombra / Gli altri nella luce / E si vedono coloro che stanno nella luce / E colore che stanno nell’ ombra non si vedono’… Et en dédicace : ‘Ai mei carissimi figli per aver avuto / Il coraggio di capire e stimare un artista: loro padre’. Personnellement, pour avoir compris, intimement, douloureusement et courageusement compris cela, je leur dédie, à ces fils, Nizar et Karim, cette traduction et cette publication ici. Avec aussi toute la sensible affection que je leur porte à ces fils, ces fils de l’ami Hakim.

Sotto il cielo dell’esilio
Di pene di amarezze stellato
Canto i miei dolori agli dèi di nebbie
Su altari menzognieri
La mia tragedia redatta ed orchestrata
Da mani assassine che
Per voi ancora piccoli era favola
Ed imcomprehensibili oscuri intrighi
Eppure insieme armati di coraggio
Abbiamo raccolto fasci di schietta allegria
Non avendo che sassi melma e pattume
Vi ho donato solo Amore
Tra le mie braccia vi tenevo
Fiero fiori del mio Universo
A casa e a Studio vi ensegnava
Como rispettare per essere rispettati
Amare senza mai giudicare
Le Religioni vi dicevo sono margherite da non calpestare
Né da adorare: e alle prese con le prime parole
Del colore e della lettura per inculcarvi
Il segreto delle magie dell’arte
Vi davo il cuore del tempo
Eravate il mio pubblico et saggi critici
Sperando in un mondo senza guerre né padroni
Andavamo a zonzo per le vie della tristezza
Tenendoci per mano come ali della felicità
Con Amore et Dolcezza vi ribadisco che
I poeti non credono agli dèi vendicatori
E flagellatori né hanno denaro sonante per pagarsi
Cauzioni a fasulli angeli del potere
Un giorno ne son sicuro con fragore di tenerezza
E ne avete pieni i petti lo so
Saprete leggere nei frantumi del mio cuore
la purezza del mio dolore

Sous le ciel de l’exil
De peines d’amertumes constellé
Je chante mes souffrances aux dieux des nuées
Sur des autels mensongers
Ma tragédie écrite et orchestrée
Par des mains assassines qui
Pour vous encore petits était fable
Intrigues incompréhensibles et obscures
Pourtant ensemble armés de courage
Nous avons cueilli des gerbes de franche gaieté
N’ayant pourtant que cailloux boue et ordures
Je ne vous ai offert qu’amour
Fier dans mes bras je vous serrais
Fleurs de mon univers
À la maison comme à l’atelier je vous enseignais
Comment respecter pour être respectés
Aimer sans jamais juger
Je vous disais que les religions sont des marguerites que l’on ne piétine
Ni adore et aux prises avec les premières paroles
La couleur et la lecture étaient là pour vous inculquer
Le secret des magies de l’art
Je vous donnais le cœur du temps
Vous étiez mon public et mes plus sages critiques
Espérant en un monde sans guerres ni maîtres
Nous allions à tâtons par les chemins de la tristesse
Nous tenant par la main comme aux ailes de la félicité
Avec amour et douceur je vous répétais que
Les poètes ne croient pas aux dieux vengeurs
Et fouettards et qu’ils n’ont pas d’argent sonnant à offrir
En rançon aux faux anges du pouvoir
Au jour rien d’assuré par un tumulte de tendresse
Pas même si la poitrine vous en est pleine je le sais
Mais vous saurez légère dans les retraits de mon cœur
La pureté de ma douleur

Traduction: V.L. On trouvera une note biographique, en français et en italien, à la suite du texte La Casa di Zia R’Himo / La Maison de Tante R’Himo’ publié dans les pages de mon site sous le clavier, la page… ainsi que, dans les pages du blogue associé ‘caminante’, ‘Les deux ultimes poèmes’ de l’auteur composés la veille de son décès. L’illustration est un médiocre cliché personnel d’une gravure récente de l’auteur, ‘Le Chemin’, épreuve d’artiste datée de juin 2010.

Tarek Essaker a offert en guise de commentaire et ‘en répons’ au présent poème un extrait de À l’ombre de l’arbre voyou, texte inédit, voir de Notre Hakim… le conteur…

Illustration : Le Chemin, gravure de Mohamed H. Akalay, 2010.

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