REQUIEM POUR UNE VIEILLE DAME TRÈS DIGNE

Dans l’urgence du moment il me vînt de donner ici le Requiem de Gabriel Fauré dont la spiritualité me semblait convenir à l’image que je me faisais de la vieille dame dont je venais dans l’heure d’apprendre la disparition. La circonstance fît qu’au détour de mon écoute une autre œuvre vînt s’interposer Le Cantique de Jean Racine, Op. 11, une composition de jeunesse de Fauré. Ce qui se perdait apparemment en pathétique se transformait en une belle spiritualité, très française…, cela ne convenait que mieux à l’image qu’il m’importait d’accomplir.

Le Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré

Une autre raison, très circonstancielle, venait, de surcroît, se superposer à mon urgent propos : quelques jours en deça le hasard de mes pas me fît traverser la très belle église Saint-Etienne-du-Mont tandis que l’organiste s’y exerçait et que j’allais rendre un rapide hommage à Jean Racine qui repose là sous les dalles au pied d’un pilier d’une chapelle latérale en juste vis-à-vis de Blaise Pascal. Il est vrai aussi qu’en l’instant je trouvais quelque chose de ‘janséniste’ dans cette musique qui m’enveloppait. Image instantanée donc venant conforter, clarifier, cette autre. Et c’est cette lumière que j’aimerais ici, maintenant, offrir en hommage à la vieille et très digne dame qui, hier, nous a quitté.

L’interprétation du Cantique de Jean Racine, Op. 11 (1865) est dûe à John Varcoe, à l’orgue, au London Sinfonia sous la direction de John Rutter, qui a assuré par ailleurs les transcriptions pour altos, violoncelles, contrebasses et harpe, et aux Cambridge Singers.

Je confie cette lumière spirituelle à mon amie Ivona P., en l’assurant en la circonstance de ma toute cordiale et chaleureuse sympathie. Qu’ainsi sa douleur puisse trouver une issue conforme à l’Esprit.

2 réflexions au sujet de “REQUIEM POUR UNE VIEILLE DAME TRÈS DIGNE”

  1. La musique de Fauré habille la mort de cette spiritualité qu’elle porte en elle si nous osons la regarder.

    J’ai aussi pensé, vous lisant et écoutant le “Cantique de Jean Racine”, à ce vieux moine taoïste que vous évoquiez, “devenu neuve pagode”

  2. Il y aurait à dire. Ici, je n’ai voulu qu”imager’, par une expression spirituelle, une ‘émotion’, elle-même esthétisée, adéquatement à un événement qui me ‘touche’ intimement (pour maintes raisons et par maints ressorts). ‘Le Cantique de Jean Racine’ est cet accomplissement. Décidément les mots butent là… Mais votre comparaison vaut en effet.

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