UN MORCEAU DE VRAIE DENTELLE [RAINER MARIA RILKE]

D’abord régler un compte. De Rilke, nombre ne connaissent rien, c’est-à-dire qu’ils n’ont en bouche que les Lettres à un jeune poète. C’est tout. Cela suffit. Munis de ce viatique, les voici parés pour la haute mer de la haute poésie. Ils n’apprendront rien. Il n’y a rien à apprendre. Ce recueil ne leur est … Lire plus…

DE FEMME, DE TIGRE ET D’AMOUR… [ELIAS CANETTI]

Nous sommes au début du vingtième siècle dans une ville germanique, Vienne peut-être. Peter Kien est un savant solitaire encore assez jeune, sinologue notoire, quelque peu malingre et misanthrope, qui passe l’essentiel de sa vie dans son immense et précieuse bibliothèque, de 25000 ouvrages, pour la constitution de laquelle il a dépensé l’essentiel de sa … Lire plus…

OFFRANDE MUSICALE À CE JOUR [J.S. BACH / ANTON WEBERN]

[ … où un peu de légèreté, mais non sans profondeur,  ici — et dans le vaste monde —, est la bienvenue.]   Lecture…, relecture…, et relecture encore, telle est ici L’Offrande musicale BWV 1079 de Jean-Sébastien Bach. Royale dédicace à Frédéric II : “… Je me souviens aujourd’hui encore de la grâce royale toute … Lire plus…

LE DIVIN REMÈDE DU DOCTEUR MOZART

Une après-midi tourmentée — pas seulement météorologiquement — d’un dimanche d’octobre 1969, écoutant dans ma chambre d’étudiant La tribune des critiques de disques, émission à controverse de la troisième chaîne de la radio nationale, l’actuelle France Musique, le choc fut grand en entendant le Concerto pour piano, n° 24 en ut mineur, KV 491 de … Lire plus…

BAISER RUSSE [THOMAS MANN]

Alors elle l’embrassa sur la bouche. C’était un baiser russe, de l’espèce de ceux que l’on échange, dans ce vaste pays plein d’âme, aux sublimes fêtes chrétiennes, comme une consécration de l’amour. Mais comme c’étaient un jeune homme notoirement “malin” et une jeune femme ravissante, au pas glissant, qui l’échangeaient, cela nous fait penser malgré … Lire plus…

IL Y A PLUS PUISSANT QUE LES ACTES ET LES MOTS … [RAINER MARIA RILKE]

[…] Mais il y a plus puissant que les actes et le mots. Ceux-ci ne sont finalement que ce qui nous sert à participer au quotidien commun, ce sont des échelles qui partent de notre fenêtre pour atteindre à la maison du voisin. Nous n’en aurions guère eu besoin si nous étions restés des solitaires, … Lire plus…

SIGNES [PETER HANDKE]

  Au hasard, de l’heure, de la vie, prendre un livre, celui-ci, précisément, ne pas l’ouvrir à la page quarante-sept, comme y invite la carte de visite d’un restaurant italien d’une ville allemande servant, ici, de marque-page, mais, là, où il se propose, naturellement (pour y avoir certainement été laissé longtemps ouvert), de s’offrir à … Lire plus…

PEUPLES, VOUS ÊTES RÉVOLUS… [RAINER MARIA RILKE]

Rien, en littérature, n’en dit plus sur le propos d’un écrit, me semble-t-il, que ces lignes à peine ébauchées que lance l’auteur pour s’essayer. Idées jetées, phrases esquissées, rien de plus ou à peine. C’est ce que Rilke tente en 1903 ou début 1904, probablement à Rome, dans ce fragment de ‘Solitaires’, quatre ou cinq … Lire plus…

LA MARCHE DU TEMPS [RAINER MARIA RILKE]

 Niklaus M. Deutsch [1484-1530] La Jeune Fille et la Mort   Wir sind die Treibenden. Aber den Schritt des Zeit, nehmt ihn als Kleinigkeit im immer Bleibenden. Alles das Eilende wird schon vorüber sein ; denn das Verweilende erst weiht uns ein. Knaben, o werft den Mut nicht in die Schnelligkeit, nicht in den Flugversuch. … Lire plus…