UN MORCEAU DE VRAIE DENTELLE [RAINER MARIA RILKE]

D’abord régler un compte. De Rilke, nombre ne connaissent rien, c’est-à-dire qu’ils n’ont en bouche que les Lettres à un jeune poète. C’est tout. Cela suffit. Munis de ce viatique, les voici parés pour la haute mer de la haute poésie. Ils n’apprendront rien. Il n’y a rien à apprendre. Ce recueil ne leur est … Lire plus…

1061, TEMPLE DE MIANCHI [SU DONG-PO]

La vie humaine, jusqu’où va-t-elle ? à quoi ressemble-t-elle ? Elle doit sembler un cygne qui vole, se pose sur la neige ou la fange Sur la fange, il arrive qu’il laisse vestiges de ses griffes Le cygne s’envole, savoir où ? est ? ou ouest ? Le vieux moine est déjà mort, devenu neuve … Lire plus…

LA ROUTE D’UN AMI [ARMEN TARPINIAN]

L’homme assis devant un fruit mort, devant une poussière de foudre, l’homme assis devant lui-même, l’homme qui voudrait oublier l’eau, nier les rayons de l’attente, maudire le vin, sécher le sang, pulvériser la pierre avec sa tête, ne plus sentir ses mains, ses anciennes mains tissées de lumière, culbutées de souffrance, ne plus sentir sur … Lire plus…

ÉGAL

Il avait écrit, “la fracture est nocturne comme l’être” et se souvint alors d’avoir aussi noté, “la fracture est nocturne comme en témoigne le lit déserté par celle que l’on a aimée”. Il comprend maintenant que c’est dans la fracture même, la faille qui se creuse entre ces deux identités (entités ?) que prend figure … Lire plus…

MOURIR, DRÔLE D’IDÉE !

L’homme immortel défie le temps et ne se pose pas la question de son éternité ; il n’est agité par nulle angoisse existentielle. Condamné à indéfiniment se survivre, il n’est aucunement préoccupé d’assurer une postérité. Immobile, sans futur, inlassablement face à lui-même, s’ignorant (il est le Tout, l’univers), et à ses semblables dont il ne … Lire plus…

EFFROI… [PHILIPPE JACCOTTET]

  Effroi. On part en lecture sous un futile prétexte et, au hasard d’une page, j’y reviendrai nécessairement, on rencontre l’effroi. On voudrait s’en expliquer… et l’on n’y parvient pas. On revient, prétendûment, pour s’en libérer, vers une lecture plus légère, et, avec elle, l’effroi nous revient. Alors, pour s’en libérer, prétendûment, on la livre. … Lire plus…

OS DE SEICHE CRÂNANT… [HANS HOLBEIN LE JEUNE]

Hans Holbein le Jeune, Les Ambassadeurs, 1533 Huile sur panneau de chêne, 208 x 209 cm National Gallery, Londres. Car le secret de ce tableau, dont je vous ai rappelé les résonances, les parentés avec les vanitas, de ce tableau fascinant de présenter, entre les deux personnages parés et fixes, tout ce qui rappelle, dans … Lire plus…

UNE MAIN TROP FROIDE [PHILIPPE JACCOTTET]

    Qui est, un tant soit peu, familier de ce lieu sait la place, sensible et précieuse s’il en est, que Philippe Jaccottet y occupe. Il serait abusif, inconvenant, d’ajouter qu’il est ici chez lui mais je peux assurer, que, pour ce qui me concerne et donne sens, je suis, moi, ici, chez lui. … Lire plus…

LA MARCHE DU TEMPS [RAINER MARIA RILKE]

 Niklaus M. Deutsch [1484-1530] La Jeune Fille et la Mort   Wir sind die Treibenden. Aber den Schritt des Zeit, nehmt ihn als Kleinigkeit im immer Bleibenden. Alles das Eilende wird schon vorüber sein ; denn das Verweilende erst weiht uns ein. Knaben, o werft den Mut nicht in die Schnelligkeit, nicht in den Flugversuch. … Lire plus…

JORGE LUIS BORGES

Cheminant dans le jardin de la mort… bifurquant : Plainpalais à Genève ou La Recoleta à Buenos Aires… ? L’article du Courrier International ayant été retiré, on se reportera à celui de El Pais (en espagnol-castillan) ci-dessous.   Caminando en el jardín de la muerte… bifurcando: Plainpalais en Ginebra o La Recoleta en Buenos Aires…? … Lire plus…