HEUREUX CELUI QUI… [FERNANDO PESSOA]

Heureux celui qui ne demande pas plus à la vie qu’elle ne lui offre spontanément, et qui suit l’instinct des chats, qui recherchent le soleil quand il fait soleil et, en son absence, la chaleur, où qu’elle se trouve. Heureux celui qui renonce à sa personnalité pour son imagination, et qui fait ses délices du … Lire plus…

TOUT CE QUE… [FERNANDO PESSOA]

7 octobre 1931   Le couchant se disperse sur les nuages isolés dont le ciel entier est parsemé. Des reflets suaves, de toutes couleurs, emplissent là-haut les diversités de l’air et flottent, absents, sur les grandes meurtrissures des hauteurs. Sur la crête des toits qui se dressent, mi-ombre, mi-couleur, les derniers et lents rayons du … Lire plus…

DE L’ORTHOGRAPHE [FERNANDO PESSOA]

Avoir touché les pieds du Christ, ce n’est pas une excuse pour faire des fautes de ponctuation. Si quelqu’un n’est capable de bien écrire que lorsqu’il est ivre, je lui dirai : Enivrez-vous. Et s’il me réponds que cela lui fait mal au foie, je lui dirai : Qu’est-ce donc que votre foie ? C’est une chose morte, … Lire plus…

LA SOLITUDE ME DÉSESPÈRE… [FERNANDO PESSOA]

La solitude me désespère ; la compagnie des autres me pèse. La présence d’autrui dévie mes pensées ; je rêve avec une distraction spéciale, que toute mon attention analytique ne parvient pas à définir. Fernando Pessoa, Le livre de l’intranquillité (de Bernardo Soares), Autobiographie sans événements, 48, traduit du portugais par Françoise Laye, Christian Bourgois … Lire plus…