LA MÈRE DE LA DÉSOLATION [ILIO NOVELLINO]

L’intermittence mécanique de la pluie, les briques et les fenêtres, la lampe dont on a oublié l’usage, que fais-tu sans réponse parmi les gestes des épingles. Et si nous mettions tous les ascenseurs du monde l’un au-dessus de l’autre est-ce que la lune pourrait descendre ? Parce que Madame est fille du diable. Nous vivions … Lire plus…

UN MORCEAU DE VRAIE DENTELLE [RAINER MARIA RILKE]

D’abord régler un compte. De Rilke, nombre ne connaissent rien, c’est-à-dire qu’ils n’ont en bouche que les Lettres à un jeune poète. C’est tout. Cela suffit. Munis de ce viatique, les voici parés pour la haute mer de la haute poésie. Ils n’apprendront rien. Il n’y a rien à apprendre. Ce recueil ne leur est … Lire plus…

MERLES ET AUTRES [MÉMOIRE PLANE]

à la mémoire de Yves D. 1. Deux à l’affût D’un buisson Me rappelèrent A moi-même Comment avais-je pu Une semaine durant Vivre Sans ces merles 2. Au soir appesanti Filait un merle Surlignant l’avenue De son cri Tendu d’absence Mais dis-moi Qu’advient-il Au matin résurgent De la perte avouée De ce rien d’espoir 3. … Lire plus…

VESTIGE [ARTURO PEREZ]

De l’évidence du texte Diamant de ma langue tu es scintillant dans le lointain       Peu de temps avant son retour-exil, son exil-retour, au Chili, Arturo avait souhaité mettre en mémoire, à toutes fins utiles, quelques textes poétiques écrits pour l’essentiel en français. Ainsi sont-ils restés, à toute fin utile, sur une disquette … Lire plus…

TRECENTO… [PÉTRARQUE]

Une voyageuse évoque la maison natale de Pétrarque à Arezzo ;  je pense aux traductions de sa poésie qu’ont données, admiratifs, Ronsard et Du Bellay, et je ne résiste donc pas à la lecture de ceci :   PASSA LA NAVE MIA COLMA D’OBLIA… Passa la nave mia colma d’oblio per aspro mare, a mezza … Lire plus…

PETIT MATIN [JACQUES PRÉVERT]

Regardez-le, écoutez-le ronfler, il rêve, il rêve qu’il part en voyage, rêve que tout va bien, qu’il a un coin, mais l’aiguille du réveil rencontre celle du train et l’homme levé plonge la tête dans cuvette glacée si c’est l’hiver, fétide si c’est l’été. Regardez-le se dépêcher, boire son café-crème, entrer à l’usine, travailler, mais … Lire plus…

JARDIN RETROUVÉ [RABINDRANÀTH TAGORE]

On m’envoie et redonne à lire un de ceux qui ont auréolé les heures rêveuses de mon adolescence ; je l’installe donc ici dans l’implicite compagnie des André Gide, Thomas Mann et autres Aldous Huxley qui en ces temps ne me quittaient pas. Sans doute vous avais-je alors bien mal traité ; je vais m’efforcer … Lire plus…

ÉCLAIRCIES [PHILIPPE JACCOTTET]

  La citation serait, chez Montaigne, la manifestation même de l’état d’âme du “mélancholique”, ou encore, justement, pour Jaccottet, la résultante de cette “chose étrange, d’abord un peu humiliante, puis merveilleuse et rassurante, (qui est) de trouver, chez une écrivain antérieur, l’énoncé rigoureux d’une expérience que l’on a faite soi-même et aussitôt jugée essentielle.” Toujours … Lire plus…

L’AUBIER [RENÉ MÉNARD]

I. L’intérêt n’est pas dans la conservation de ta chair, ni dans la réunion de ce fagot toujours pourrissant d’opinions et de jugements, Mais de savoir, lorsque tu fermes les yeux et cesses un instant de respirer, Ce que devient dans ce suspens du monde telle cime de peuplier seule à équilibrer devant le hasard … Lire plus…

FASCINATION DE L’OMBRE [ION TUCULESCU]

En regard du petit poème de Li Bai, donné la veille, N.* envoie ceci évoquant le grand peintre roumain Ion Tuculescu [1910-1962] : ION TUCULESCU Dès la plus tendre enfance, l’ombre a constitué pour moi un autre univers, l’inconnu, une question de philosophie. Elle se situe parmi mes premières surprises sans explication. On s’amuse à … Lire plus…

TOAST SOLITAIRE À LA LUNE [LI BAI]

    TOAST SOLITAIRE À LA LUNE Poème en style ancien     Parmi les fleurs, un pot d’alcool Je lève ma coupe j’invite la claire lune Je bois seul, sans partenaire Avec mon ombre, cela fait trois personnes La lune certes ne sait pas boire Mon ombre en vain suit mon corps Pour le … Lire plus…

Ô OMAR ! [OMAR KHAYYÂM]

Cela faisait belle lurette que je ne lui avais pas rendu visite — à force de distribuer les livres que j’avais de lui… ! — ; on me rappelle à l’ordre. Voici donc une place pour une large sélection des “Quatrains” d’Omar Khayyâm (qui ici n’en sont plus ; mais que peut la traduction !?) … Lire plus…

SENS CONTRE SENS [HOKUSAI]

La poésie est, par essence, l’espace mouvant du sens (des sens) ; la langue française s’y prête assez bien, mais il est vrai que le “système” idéographique chinois et de l’ancien Japon se prête encore mieux — et souvent avec délectation — à cette polysémie, à ce glissement multiple du sens ; il suffit de … Lire plus…