… VINT LE TEMPS DES MOISSONS [JACQUES PRÉVERT]

La batteuse La batteuse est arrivée La batteuse est repartie Ils ont battu le tambour ils ont battu les tapis ils ont tordu le linge ils l’ont pendu ils l’ont repassé ils ont fouetté la crème et ils l’ont renversée ils ont fouetté un peu leurs enfants aussi ils ont sonné les cloches ils ont … Lire plus…

VOLTIGENT PARTOUT LES GROSEILLES [LOUIS ARAGON]

J’avais, à l’âge où l’on apprend à aimer les poèmes, été singulièrement frappé par ces vers de Rimbaud Mais des chansons spirituelles Voltigent partout les groseilles tels qu’ils figuraient sous le titre Patience (D’un été…) dans l’édition Vanier. On veut aujourd’hui (édition critique, Mercure de France) qu’ils se lisent Voltigent parmi les groseilles et sans … Lire plus…

LA PASSE DU SOLEIL [WANG WEI]

Portrait de Fu Sheng, attribué à Wang Wei   Dai Xiaolian / L’art de la cithare QinYangguan san die / Trois variations sur la passe du soleil La pluie du matin a nettoyé la poussière du bourg Devant l’auberge, les saules ont des couleurs fraîches Buvez mon ami, buvez encore un verre, Là-bas, derrière la … Lire plus…

VOCES GITANAS [MITÉ BERTRAND / DIEGO VARGAS / PEDRO BACÁN]

LES LETRAS Il y a le silence. Et la voix de la déesse. Elle chante des blues Et des soleares infinis, Les sangs noirs Sont de beaux instruments À faire de la douleur, À faire du vivant, Des cris qui sont musiques Plus imagés que nos rêves, Des musiques aux rythmes D’entrailles et de cœur. … Lire plus…

QUAND TU TE LÈVES LE MATIN… [TECUMSEH]

Quand tu te lèves le matin, Remercie pour la lumière du jour, Pour ta vie et ta force Remercie pour la nourriture Et le bonheur de vivre. Si tu ne vois pas de raison de remercier, La faute repose en toi-même.   Tecumseh, chef des Shawnee (1768-1813)     Indien Shawnee peint par David Wright. … Lire plus…

LE PRISONNIER LIMPIDE [JEAN SÉNAC]

  Le pain nu brise le bois sanguin l’eau fière délie les gorges d’alouette nous conjuguons l’amour du présent temporel Raison raison creusée au mur d’incertitude à la pointe de l’ongle le temps des étangs graves s’achemine à travers les nuages inquiets les aigles innocents Déjà tu revendiques l’éveil du bouton d’or l’olive matinale ta … Lire plus…

ÉLÉVATION [IBN RÛMÎ]

      Dans une maison, j’ai appris que les femmes D’un habit usé se revêtent pour la nuit, Elles exercent un travail hautement sain Que Dieu hausse vers le bas. Si les gens tendent les mains pour une grâce divine Celles-ci supplient le Seigneur avec leurs pieds. Ibn Rûmî                 Le Dîwân de la … Lire plus…

LE GRAND PARCOURS [LUCIAN BLAGA]

Aux lecteurs Ma maison est ici. Derrière Est le soleil et le jardin avec des ruches. Vous qui passez sur le chemin, Vous voyez à travers les barreaux du portail Et guettez mes propos. Par où commencerais-je ? Croyez-moi, croyez-moi, De tout on peut parler autant qu’on veut : Et du destin et du serpent … Lire plus…

… DU VIDE (TROIS POÈMES DE HUGO MUJICA)

  Tout homme tout homme et moi : canne sèche que vient sillonner le vent pour reprendre sa voie, comme si rien ne s’était passé sauf de s’être ouvert à une absence un sillon entre mon pas et le passé entre ma vie et toute vie. Miroir éclaté Je me ressemble à vouloir être autre … Lire plus…

MANDORLA [PAUL CELAN]

In der Mandel — was steht in der Mandel? Das Nichts. Es steht das Nichts in der Mandel Da steht es und steht. Im Nichts — wer steht da? Der König. Da steht der König, der König. Da steht er und steht. Judenlocke, wirst nicht grau. Und dein Aug — wohin steht dein Auge? Dein … Lire plus…

LE SIGNE DU CANCER [OCTAVIAN PALER]

Qu’il eût été bien d’être un crabe authentique marchant constamment à reculons*. Je t’aurais rencontrée parmi mes souvenirs et, une fois trouvée, je ne t’aurais plus lâchée, te traînant avec moi à reculons, afin de nous aimer jeunes et coupables, et ensuite, toujours à reculons, je t’aurais traînée vers l’enfance, jouant là innocents, jusqu’à ce … Lire plus…

LA ROUE [WILLIAM BLAKE]

Et ils changèrent en arts de mort tous les arts de la vie. Le sablier, trop simple de façon, comparable À ce que le laboureur fabrique, fut méprisé, et la roue hydraulique Qui monte l’eau des Citernes, brisée et mise au feu, Parce que l’ouvrage ressemblait à celui du berger, Et, à la place, ils … Lire plus…

GEORGIA [PHILIPPE SOUPAULT]

Puisque ‘Gertrude’ la fait rebondir sur la ‘Nancy’ de Calaferte, la voici à l’affiche l’inoubliable ‘Georgia’ de Philippe Soupault. Je ne dors pas Georgia Je lance des flèches dans la nuit Georgia j’attends Georgia Le feu est comme la neige Georgia La nuit est ma voisine Georgia J’écoute les bruits tous sans exception Georgia je … Lire plus…

NANCY DE DUNDEE [LOUIS CALAFERTE]

Nancy qui était si petite si frêle là-bas dans la chambre aux saveurs des noirs embruns de mer Nancy avec ton regard vert tes petits cheveux de chien fou vaguement roux et qui croyait encore aux choses interdites Nancy que ma mémoire emporte et que je ne reverrai pas le destin nous ferme ses portes … Lire plus…

… HALF THE SEED OF EUROPE, ONE BY ONE [WILFRID OWEN / BENJAMIN BRITTEN]

So Abram rose, and clave the wood, and went, And took the fire with him, and a knife. And as they sojourned both of them together, Isaac the first-born spake and said, My Father, […] Behold the preparations, fire and iron, But where the lamb for this burnt-offering? Then Abram bound the youth with belts … Lire plus…