SENS CONTRE SENS [HOKUSAI]

La poésie est, par essence, l’espace mouvant du sens (des sens) ; la langue française s’y prête assez bien, mais il est vrai que le “système” idéographique chinois et de l’ancien Japon se prête encore mieux — et souvent avec délectation — à cette polysémie, à ce glissement multiple du sens ; il suffit de … Lire plus…

ÉCOUTE, M’A-T-ON DIT [TAREK ESSAKER]

        En marge, ou plutôt en prélude d’une relecture, à venir, de l’œuvre du vieux compagnon Tarek Essaker, je donne ici une page du “projet” Ô Gamra, puisque, plus que d’un livre édité, il s’agissait d’un vaste travail dramaturgique abouti-inabouti. Page de transition donc entre un texte et un autre Les Cheminants. … Lire plus…

LA PAROLE DU POÈTE [GÉRARD DE NERVAL / ALBERT BÉGUIN]

À la source des chants humains, on retrouve toujours le même regret, le même aveu de souffrance, la profonde revendication. Sans doute n’y a-t-il pas de définition valable du poète, parce que toutes laissent échapper quelque espèce de poésie ; mais on peut dire que les voix de la poésie ne jaillissent jamais du cœur … Lire plus…

1061, TEMPLE DE MIANCHI [SU DONG-PO]

La vie humaine, jusqu’où va-t-elle ? à quoi ressemble-t-elle ? Elle doit sembler un cygne qui vole, se pose sur la neige ou la fange Sur la fange, il arrive qu’il laisse vestiges de ses griffes Le cygne s’envole, savoir où ? est ? ou ouest ? Le vieux moine est déjà mort, devenu neuve … Lire plus…

MARINE [JEAN LEVANTI]

Marine fut écrit par Jean Levanti en 1937 et publié, grâce à Jean Denoël, par la revue Soleil, à Alger, en 1950. Je reprends ici ce que nous disait alors la revue. Michel Levanti, né à Venaco (Corse) le 24 octobre 1916, est mort le 13 novembre 1941 à Ruines, dans le département du Cantal. … Lire plus…

JEUX D’ENCRE [WEN TONG / YOLAINE ESCANDE]

Du général au particulier… En février, j’avais donné un exemple [… L’HOMME S’ÉCRIT EN MAJUSCULE]  de “l’universel” qui préside à la calligraphie chinoise ; c’était à l’ouverture d’une lecture qui aujourd’hui se termine… dans le particulier. En effet, Yolaine Escande, avec précision, nous montre, en conclusion de son livre, combien — et comment — la … Lire plus…

DES CHARRUES SANS NOMBRE [LUCIAN BLAGA]

Au regard de ce qui s’écrivait par ailleurs […LA CHARRUE AVANT LES BŒUFS], il est vrai que nous entrons dans une époque sans charrues, sans charrues visibles au regard de l’ “homo urbanis”  que nous sommes devenus — et quel nom encore pour ces énormes attelages motorisés qui retournent nos plaines ?! Il n’y a … Lire plus…

ODE, ÉLÉGIE, ÉPITAPHE… [PIERRE DE RONSARD]

Ode, élégie, épitaphe… : la poésie de la Renaissance à l’instar de celle de l’Antiquité, qu’elle admirait tant et voulait imiter, s’attache à rendre hommage à travers la Figure de la femme aimée…, admirée, désirée… et regrettée, à l’humain commerce dans ses espoirs, ses joies, ses peines. On n’y prend Dieu qu’à témoin pour garantir … Lire plus…

LA NUIT, JOUIR

La nuit ta peau si fraîche. Ton sourire qui s’ancre à mes yeux épuisant la pénombre. Ton sourire douce prière. Offre provocante. Commerce. Destination assurée. Au corps à corps. Au sexe à sexe. Dans les cris et l’affolement. Dans la tiédeur et la plénitude. Ta bouche première. Offerte. Onctueuse. Enveloppante. Carène de tes dents. Spirale … Lire plus…

RIEN DE SPÉCIAL [TRENTE-HUIT PETITES PIÈCES EN FORME DE HAÏKU]

RIEN DE SPÉCIAL TRENTE-HUIT PETITES PIÈCES [PLUS UNE] EN FORME DE HAÏKU AUTOMNE [passant(s) par là] l’un tourne les talons l’autre prudent chasse les feuilles [premier salut au cerisier] feuille après feuille le vent te déplume maigre cerisier [deuxième salut au cerisier] maigre cerisier tes trente-trois feuilles ne sont déjà plus que trente-deux [troisième salut … Lire plus…

JE M’ÉTAIS NOURRI DE TON ÊTRE [RENÉ LEIVA]

Nous avions laissé errer Nos pas Sur le sable tiède Ivres de nuit Rassasiés de lune Et il nous fallait maintenant scruter Le silence Au travers de la vague Il n’existe pas As-tu chuchoté Dès lors ta voix S’exténua Devint murmure Souffle tiède Craignait-elle au fait D’éprouver quelque Parole vraie ? D’où vient qu’un mot … Lire plus…

ET PAR TROIS PETITS POÈMES ÉPARS

… du plus tendre (1993), au plus terrible (2003). 1. Tes lèvres Ce matin Dès la première gorgée J’ai pensé à toi Tes lèvres Étaient dans la tasse de café Délicatement Je les ai aspirées      sucées Puis croquées Comme on le fait d’une dragée Mais à la seconde gorgée Tes lèvres Baignaient toujours dans le … Lire plus…

EFFROI… [PHILIPPE JACCOTTET]

  Effroi. On part en lecture sous un futile prétexte et, au hasard d’une page, j’y reviendrai nécessairement, on rencontre l’effroi. On voudrait s’en expliquer… et l’on n’y parvient pas. On revient, prétendûment, pour s’en libérer, vers une lecture plus légère, et, avec elle, l’effroi nous revient. Alors, pour s’en libérer, prétendûment, on la livre. … Lire plus…

L’IMAGE FUT-ELLE TROP PROCHE ? [NICOLE RICHARD]

Quelque chose passe l’épreuve du quotidien sans discernement. Sur les visages immobiles la nature rencontre ses limites encastrées dans les marges du temps.   Aucun geste n’annonce le suivant — chacun se détache et accède à la ruine. Au matin la place disponible où ils ne peuvent tenir dans leurs bras les êtres et les … Lire plus…

JEUNES FILLES, NE VOUS MARIEZ PAS AVEC DES MARINS, MES SŒURS, N’AIMEZ PAS LES MARINS…

La mer, les marins, l’ailleurs, l’aventure… Mais aussi l’abandon, la solitude de l’aimée abandonnée. Des ‘figures’ comme celle du ‘marin’ inondent le folklore du monde entier — il y a tant de mers, tant de marins, tant d’amoureuses délaissées… Un peu par hasard, comme d’habitude, je trouve deux illustrations de cela. L’une, la première, vient … Lire plus…