ANGÉLIQUE [GÉRARD DE NERVAL… ET APRÈS]

[Soissons] … En sortant de Saint-Médard, je me suis égaré sur les bords de l’Aisne, qui coule entre les oseraies rougeâtres et les peupliers dépouillés de feuilles. Il faisait beau, les gazons étaient verts, au bout de deux kilomètres, je me suis trouvé dans un village nommé Cuffy, d’où l’on découvrait parfaitement les tours dentelées … Lire plus…

LA CASA DI ZIA R’HIMO / LA MAISON DE TANTE R’HIMO [MOHAMED H. AKALAY]

[FRANÇAIS] Le texte, que nous donnons ici dans une version bilingue, a fait l’objet d’une traduction française en 1996, alors qu’il était encore inédit. Aujourd’hui, il est publié dans sa version originale italienne, dans un recueil de quatre récits (racconti) comprenant en outre : “La sacra iniziazione”, “La thaymùma”, “Mù Zina” et une belle préface … Lire plus…

MOURIR, DRÔLE D’IDÉE !

L’homme immortel défie le temps et ne se pose pas la question de son éternité ; il n’est agité par nulle angoisse existentielle. Condamné à indéfiniment se survivre, il n’est aucunement préoccupé d’assurer une postérité. Immobile, sans futur, inlassablement face à lui-même, s’ignorant (il est le Tout, l’univers), et à ses semblables dont il ne … Lire plus…

ALLAH ET LES IMBERBES [AHMAD AL-TÎFÂCHÎ]

Le monde arabe ou arabo-musulman, comme on aime à le nommer généralement, n’est pas aussi monolithique dans sa pensée qu’on veut bien le prétendre. Il y eut aussi ces “siècles d’or” où, malgré des pressions puissantes et contradictoires, une véritable humanisme pu — et su — s’épanouir (non sans répression d’ailleurs). Il est vrai aussi … Lire plus…

ANTI…PILI-PILI…TAIREMENT [RENÉ DE OBALDIA]

LE MATRIOTE Qu’ils partent à la guerre ! Qu’ils partent vers l’horreur ! Qu’ils se tuent pour leurs pères ! Quels pères ? Le seul qui est au ciel ne leur suffit point ? Ô hommes débiles, incapables d’assumer la guerre en vous-mêmes ; et elle en déborde ! Hommes faibles ; et la faiblesse … Lire plus…

POST-CURE [TRAIN DE NUIT]

Il y a vingt-cinq ans [à la date de rédaction], le train à grande vitesse n’avait pas encore rapproché les recoins de la France de Paris, et il m’arrivait plusieurs fois par mois de faire certain trajet, dans un sens comme dans l’autre…  Aujourd’hui, décidément, ce court texte, resté en suspens, me rappelle, avec beaucoup … Lire plus…

JE, MICHEL DE MONTAIGNE [ELIAS CANETTI]

Le plus admirable dans Montaigne, c’est qu’il ne se hâte pas. Il manipule doucement les émotions et les pensées les plus impatientes. L’intérêt qu’il porte à lui-même est inébranlable. Il n’a jamais vraiment honte de son personnage. Il n’est pas chrétien. Tout ce qu’il observe lui paraît important, mais, au fond, il est soi-même sa … Lire plus…

HEUREUX CELUI QUI… [FERNANDO PESSOA]

Heureux celui qui ne demande pas plus à la vie qu’elle ne lui offre spontanément, et qui suit l’instinct des chats, qui recherchent le soleil quand il fait soleil et, en son absence, la chaleur, où qu’elle se trouve. Heureux celui qui renonce à sa personnalité pour son imagination, et qui fait ses délices du … Lire plus…

LENTEUR [TAREK ESSAKER]

Sachez que rien ne nous retiendra, ni les herbes qui phosphorent, ni les songes qui, à trop d’allure sobre et lente, nous somment de délaver nos chemins incertains. Nous sommes plein d’impatience pour tant d’histoires et de mots, pour les couleurs blessées des sables, et le silence qui pavane aux marées, parmi les lunes. Combien … Lire plus…

LE QUOTIDIEN, L’IMPOSSIBLE, L’INCERTAIN [PHILIPPE JACCOTTET]

Risque pris. Non du collage mais de l’assemblage de trois textes, trois extraits, trois citations. Non pour démontrer, prouver mais, comme l’auteur le dit ici : ‘Ne rien expliquer, mais prononcer juste’. Risque pris en ce chemin, qui est peut-être impasse, absence de chemins, de cerner trois ‘topiques’ de la poésie, du moins telle que … Lire plus…

LE MONDE ET LE PANTALON [SAMUEL BECKETT]

  Dans un court essai, ‘Le monde et le pantalon’, consacrés aux frères Bram et Geer van Velde, écrit en 1945, Samuel Beckett débute et termine par une critique radicale du monde l’art (amateurs et critiques, notamment) et des catégories esthétiques. Il faut relire ces pages, indépendamment, et non indépendamment, de la fine analyse qu’il … Lire plus…

UN TEMPS D’AVANCE [ELIAS CANETTI]

    Quand Nietzsche, en lisant Taine dans La Revue des Deux Mondes, nourrissait son esprit européen, Rimbaud était déjà trafiquant d’armes à Harrar. Elias Canetti, Le territoire de l’Homme, Albin Michel, 1978.   Ce à quoi Tarek Essaker souhaite associer, plus que commentaire :  … Mes rêves vont ainsi, de courbe en spirale, d’effondrement … Lire plus…

OMBRES TUNISIENNES [TAREK ESSAKER]

  Poésie qui, à l’insoumission et à la rébellion, demeure à entendre, à partager, à résister… En mouvement, elle s’éloigne comme s’approche… Elle s’impose comme elle fuit… telle les maquisards des libertés, dans leurs flux et reflux… Par mort et vie viennent des appels plus promptes à faire voler en éclat, toute raideur, insuffisances et … Lire plus…

SIGNES [PETER HANDKE]

  Au hasard, de l’heure, de la vie, prendre un livre, celui-ci, précisément, ne pas l’ouvrir à la page quarante-sept, comme y invite la carte de visite d’un restaurant italien d’une ville allemande servant, ici, de marque-page, mais, là, où il se propose, naturellement (pour y avoir certainement été laissé longtemps ouvert), de s’offrir à … Lire plus…

FAITES PASSER… [PHILIPPE JACCOTTET]

Dans la nuit me sont revenues, avec une intensité pareille à celle que produit la fièvre, d’autres images de promenade ; au sortir d’un de ces rêves où l’on voudrait que certain nœud moite et vertigineusement doux ne se dénoue jamais. Cette fois-ci, c’était toujours la même réalité, un morceau du monde, et en même … Lire plus…