DE FEMME, DE TIGRE ET D’AMOUR… [ELIAS CANETTI]

Nous sommes au début du vingtième siècle dans une ville germanique, Vienne peut-être. Peter Kien est un savant solitaire encore assez jeune, sinologue notoire, quelque peu malingre et misanthrope, qui passe l’essentiel de sa vie dans son immense et précieuse bibliothèque, de 25000 ouvrages, pour la constitution de laquelle il a dépensé l’essentiel de sa … Lire plus…

EXTASE MATÉRIELLE, POINT ZÉRO [J.M.G. LE CLÉZIO]

Quand je n’étais pas né, quand je n’avais pas encore refermé ma vie en boucle et que ce qui allait être ineffaçable n’avait pas encore commencé d’être inscrit ; quand je n’appartenais à rien de ce qui existe, que je n’étais pas même conçu, ni concevable, que ce hasard fait de précisions infiniment minuscules n’avait … Lire plus…

BAISER RUSSE [THOMAS MANN]

Alors elle l’embrassa sur la bouche. C’était un baiser russe, de l’espèce de ceux que l’on échange, dans ce vaste pays plein d’âme, aux sublimes fêtes chrétiennes, comme une consécration de l’amour. Mais comme c’étaient un jeune homme notoirement “malin” et une jeune femme ravissante, au pas glissant, qui l’échangeaient, cela nous fait penser malgré … Lire plus…

… ESPIÈGLERIE ? [CHARLES DE COSTER]

Les Britanniques ont Robinson Crusoé, Gulliver, Hamlet, les Espagnols Don Quichote et Don Juan, les Italiens, Pinocchio, les Allemands ont Faust. Les Belges ont Thyl Ulenspiegel (Thyl l’Espiègle en français), que son auteur Charles de Coster (1827-1879) a emprunté à la tradition germanique. Cette œuvre, qui marque la naissance des Lettres belges est une œuvre … Lire plus…

SIGNES [PETER HANDKE]

  Au hasard, de l’heure, de la vie, prendre un livre, celui-ci, précisément, ne pas l’ouvrir à la page quarante-sept, comme y invite la carte de visite d’un restaurant italien d’une ville allemande servant, ici, de marque-page, mais, là, où il se propose, naturellement (pour y avoir certainement été laissé longtemps ouvert), de s’offrir à … Lire plus…

LE TEMPS DU ROMAN [MIRCEA ELIADE]

On connaît, entre autres, de Mircea Eliade, le “mythologue”, son célèbre “Le sacré et le  profane” et, dont est extraite la présente page, “Aspects du mythe”. Mais loin des lointaines ‘histoires’, reculées dans le temps et dans l’espace, c’est tout près de nous, d’ici — notre société dite moderne — et dans notre “maintenant” que l’éminent chercheur … Lire plus…

CIEL DÉCHIRÉ [WAFA BSAïS]

  Une femme écrit, crie, s’écrie ‘au bord du livre’, livre, se livre dans un livre sans (mot) fin. Au seuil de vie, amour et mort, autour de vie et amour des mots. Une femme, ici, à Tunis, où ailleurs. Une femme. Aujourd’hui, encore, toujours. Et dans le (son) roman, le (son) poème. Ainsi.  Le … Lire plus…

L’ATTENTE L’OUBLI [MAURICE BLANCHOT]

Il est des livres dont on aimerait parler ; on ne peut que les lire.  Au fil des pages filent, se filent les pages dans l’attente oubli. Entre attente oubli. Entre Elle Lui. Quand tout (se) passe. Quand rien ne (se) passe. Ce rien plein, espace mort vif s’attachant attente oubli. Et vient, cantique des … Lire plus…

LES JUGES INTÈGRES [SIMENON]

[…] À propos, voulez-vous ouvrir ce placard, s’il vous plaît. Ce tableau oui, regardez-le. Ne le reconnaissez-vous pas ? Ce sont Les Juges intègres. Vous ne sursautez pas ? Votre culture aurait donc des trous ? Si vous lisiez pourtant les journaux, vous vous rappelleriez le vol, en 1934, à Gand, dans la cathédrale Saint-Bavon, … Lire plus…

DE L’HOMME, DU RAT (ET DE GEORGES PÉREC)

Quelle merveilleuse invention que l’homme ! Il peut souffler dans ses mains pour les réchauffer et souffler sur sa soupe pour la refroidir. Il peut saisir délicatement, s’il n’est pas trop dégoûté, n’importe quel coléoptère entre pouce et index. Il peut cultiver des végétaux et en tirer sa nourriture, son habillement, quelques drogues, et même … Lire plus…

LE CALEMBOURG EST COMMUN [RAYMOND QUENEAU]

Le vingt-cinq septembre douze cent soixante quatre**, le duc d’Auge se pointa sur le sommet du donjon de son château pour y considérer, un tantinet soit peu, la situation historique. Elle était plutôt floue. Des restes du passé traînaient encore ça et là, en vrac. Sur les bords du ru voisin, campaient deux Huns ; … Lire plus…