TROIS POÈMES DE MAHMOUD DARWICH

 

 

Si tu n’es pas la pluie, mon amour,
Sois arbre
Fécond… Sois arbre.
Et si tu n’es pas arbre, mon amour,
Sois pierre
Humide… Sois pierre.
Et si tu n’es pas pierre, mon amour,
Sois lune
Dans le songe de l’aimée… Sois lune.
Ainsi parla une femme
À son fils qu’on enterrait.

Ce siège durera jusque ce que l’assiégeant,
Comme l’assiégé, réalise que l’ennui
Est l’un des attributs de l’Homme.

Vous qui veillez ! N’êtes-vous pas fatigués
De surveiller la lumière dans notre sel ?
Et du feu des roses dans notre plaie,
N’êtes-vous pas fatigués, vous qui veillez ?

 

Mahmoud Darwich, extrait de État de siège, Actes Sud, 2004.
Traduit de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar.

À mes frères, là.

Au vieux cheval de Tarek.

 

2 réflexions au sujet de “TROIS POÈMES DE MAHMOUD DARWICH”

  1. À ‘la terre qui a été trahie’. À propos de Darwish.

    La terre revient à la pointe et au cœur de ce qui habite l’homme. Ce qui en lui brûle et inquiète, avec éclat, quelque chose d’infiniment discrète et qui ne finit jamais de tarauder. La terre revient riche de ses poumons, de ses énergies, de ses couleurs, de ses rêves, pleine de ses sagesse et ses frondeurs.

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